mercredi 29 décembre 2010
• 2010 : une grande année de luttes
« Désormais quand il y a une grève en France, cela ne se voit pas », avait, imprudent et provocateur, déclaré le Président de la République !
Dès le début de la crise, alors qu’elle démontrait toute l’indécence du mur de l’argent à gogo brassé par le monde des affaires –le capital-, salariés et retraités ont relevé le gant pour réclamer justice sociale, en particulier pour la redistribution des richesses.
La loi sur les retraites a cristallisé et continue de cristalliser les mécontentements tant elle est injuste et inefficace socialement, mais aussi parce qu’elle accompagne toute la politique rétrograde du gouvernement et du MEDEF contre les salaires, les pensions, l’emploi, les services publics, la protection sociale etc.
Cela explique l’essor et la force des mobilisations durant toute l’année 2010.
Cela explique aussi que les salariés et les retraités ont de plus en plus pris conscience que les politiques conduites dans toute l’Europe mènent aux mêmes dégâts parce que toutes privilégient le capital et le profit au détriment du progrès social.
A raison, ils comprennent mal qu’on prétende partager leurs aspirations sociales et par ailleurs qu’on encourage et félicite les mesures « courageuses » en Grèce, en Espagne, en Irlande et au Portugal qui, avec le soutien actif du FMI, frappent cruellement les populations tandis qu’elles abondent les banques et les grandes entreprises.
Cela explique encore la ténacité permanente que doivent avoir les salariés et les retraités pour ne rien lâcher des luttes pour leurs revendications, quels que soient les contextes ou les échéances.
• la revalorisation des pensions et reversions : le poumon stratégique d’une autre politique sociale
Les cures d’austérité successives de ces quarante dernières années ont toutes abouti à enfoncer un peu plus les nations dans les crises, à engraisser les dividendes et le CAC 40 et appauvri globalement le monde salarié et retraité.
C’est d’une ambition sociale différente dont nous avons besoin et qui s’appuie sur la revalorisation substantielle des salaires et des pensions afin de dynamiser le pouvoir d’achat et de relancer la consommation pour favoriser la production et l’emploi.
Il n’est pas tolérable que la pauvreté et la misère gagnent du terrain parmi les retraités et qu’elles en gagnent encore plus avec les réformes des retraités de 1993, 2003 et 2010.
Les 1 700 milliards d’euros consentis aux banques pour les sauver, les 4 589 milliards d’aides publiques aux entreprises en Europe, au lieu d’alimenter le gâchis économique, n’auraient-ils pas eu une autre utilité à servir la cause de l’emploi, des salaires, des pensions ou encore de la protection sociale ?
N’y-a-t-il pas urgence à déplacer le curseur des dividendes vers les salaires quand ceux-ci, de 2003 à 2009, ont augmenté de 110 % contre 8 % pour les salaires ?
Et on voudrait nous convaincre que la revendication de la CGT d’un minimum mensuel de pensions à 1 600 € serait excessive et insatisfaisable ?
Décidément, notre revendication « Pourquoi gagner moins à la retraite qu’en activité », relève de moins en moins de l’utopie et correspond de plus en plus aux besoins des retraités ! Pour vivre dignement notre retraite, pourquoi notre pension ne serait-elle pas égale au meilleur salaire touché dans notre vie au travail ?
• la perte d’autonomie : aussi intergénérationnelle que les retraites
Un des penseurs du MEDEF, Denis Kessler, le bourreau déclaré du programme du Conseil National de la Résistance, déclare que ce « sera bel et bien le marqueur de cette décennie ». La retraite pour Sarkozy, la dépendance pour le MEDEF ou un couple diabolique protégeant les intérêts de la caste capitaliste à tous les étages.
Leur objectif, étant qu’à l’arrivée, les principes de solidarité nationale volent en éclats en misant sur la capitalisation pour les retraites et l’assuranciel pour la perte d’autonomie.
L’augmentation de l’espérance de vie en bonne santé leur est insupportable et veulent la faire payer aux salariés et aux retraités au prix fort, avec entre autres une CSG égale entre actifs et retraités. Quand on sait que depuis l’origine, les patrons en sont quasiment exonérés, on mesure mieux le nouveau cadeau en perspectives qui leur serait fait.
La CGT propose que la perte d’autonomie relève de la Sécurité Sociale.
Elle s’intègre parfaitement dans les fondements de la Sécurité Sociale pour faire face aux aléas de la vie de la naissance à la mort, que ce soit à domicile ou en établissement. La question posée est : va-t-on prendre encore dans nos poches ou financer à partir entre autres des hauts revenus du patrimoine, de tous ceux qui échappent aux cotisations sociales ?
C’est un nouvel enjeu de débats et d’actions La CGT vous propose de l’investir, en particulier en poursuivant la signature de sa pétition sur la revalorisation des pensions et celle sur la perte d’autonomie. Les signatures seront remises à Matignon le 20 janvier prochain par le comité général de l’UCR CGT.