vendredi 13 juillet 2012
L’état des lieux en 2011
Le salaire global de base des cadres en 2011 est de 47 000 € et la moyenne des parts variables managériales (87,7% des cadres sont concernés) est de 5 671 €. A noter que la part variable vendeur, qui concerne les autres cadres, n’est pas donnée par bande mais par métier, et donc il est impossible aujourd’hui d’en connaître l’étendue globale pour les cadres.
Mais cette moyenne cache d’importantes disparités entre les cadres :
D Bis → 37 132 € de SGB en moyenne (39 944 € avec la PVM) E → 46 480 € de SGB en moyenne (51 729 € avec la PVM) F → 66 580 € de SGB en moyenne (77 577 € avec la PVM) G → 103 681 € de SGB en moyenne (130 974 € avec la PVM)
Ainsi la part variable managériale représente entre 7,57% pour les D Bis à 26,32% pour la bande G ! Mais ce sont des rémunérations qui peuvent disparaître du jour au lendemain. Attention : il ne s’agit que de moyenne ; plus de la moitié des cadres sont en dessous de cette moyenne (il ne s’agit pas de la médiane …) !
Pour mémoire, la mise en place d’un treizième mois représente une augmentation de 8,33% de la rémunération annuelle fixe …
Lorsque les Cadres revendiquent des augmentations de salaires, c’est aussi la question du partage des richesses qui est posée
Salaire ou Rémunération ? Chaque année, la direction de France Télécom doit, comme toute entreprise, négocier les salaires (NAO). La CGT agit pendant ces négociations pour que l’accord proposé à la signature soit le plus haut possible. Jusqu’à présent, la CGT a considéré que les accords ne correspondaient pas à la réalité des besoins et n’a donc pas signé ces accords. Mais, contrairement au discours de certaines organisations syndicales signataires, les avancées obtenues ont souvent été le fait de la CGT. Voici quelques exemples où la CGT a été à l’initiative et force de proposition (rejointe par les autres OS en général) dans ces négociations :
Depuis 2008, les médecins du travail bénéficient systématiquement de l’augmentation annuelle moyenne Depuis 2008 (sauf en 2010) il existe des mesures spécifiques pour les cadres ayant les salaires annuels les plus bas, avec, depuis 2011 une mesure garantie
o 1% managérial en moyenne pour les cadres ayant un salaire global annuel inférieur à 30 000€ en 2008 o 1% managérial en moyenne pour les cadres ayant un salaire global annuel inférieur à 31 500 € en 2009 o 200 € pour les cadres ayant un salaire global annuel inférieur à 35 000 € en 2011 o 200 € pour les cadres ayant un salaire global annuel inférieur à 36 000 €, et 200 € supplémentaires pour les cadres ayant un salaire global annuel inférieur à 30 000 € en 2012
Depuis 2010, les cadres ont une augmentation de salaire garantie
o 500 € en 2010 et 2011 o 600 € en 2012, soit plus en moyenne que l’augmentation managériale.
Comme on le constate, on avance puisque les augmentations garanties sont aujourd’hui plus importantes que les augmentations managériales, et que les cadres les moins payés ont une augmentation supplémentaire garantie. Pour autant, nous sommes encore loin du compte.
C’est pourquoi la CGT investira les prochaines négociations salariales avec la volonté ferme de faire aboutir les revendications salariales des cadres.
Participation et Intéressement
Ceux qui ont comparé le montant de leur dernière participation avec celui de l’année précédente ont pu constater une baisse d’environ 35 %. A cela s’ajoute l’annonce de la suppression cette année du complément d’intéressement, ce qui représentait environ 500 €.
Finalement, c’est en moyenne environ 1500 € brut de perte de pouvoir d’achat pour chaque salarié de France Télécom, et davantage pour les cadres qui cette année encore voient leur pouvoir d’achat diminuer.
Mais que sont réellement Intéressement et participation pour l’entreprise ?
La participation procède d’un dispositif légal pour les entreprises de plus de 50 salariés, et est fiscalement avantageuse pour l’employeur. En effet, les sommes de la réserve de participation sont exonérées de cotisation sociale et elles sont également déductibles (sous certaines conditions) du bénéfice imposable de l’entreprise.
L’intéressement n’est pas soumis à un seuil de salariés et est facultatif. Il est conditionné à l’atteinte d’un objectif fixé par négociation. Les éléments pris en compte pour le calcul doivent être objectivement mesurables. Il est déductible du bénéfice imposable de l’entreprise et exonéré de cotisation sociale, même s’il supporte, depuis 2008, une contribution patronale de 2%. Dans certains cas, il peut générer un crédit d’impôt pour l’entreprise.
Mais que sont réellement participation et intéressement pour les salariés ?
Aléatoires, exonérés de cotisations donc ne générant pas de droits ni pour la retraite, ni pour les congés maladie, mais ne participant pas non plus au salaire socialisé. L’état des lieux n’est pour le moins pas à la hauteur des attentes des salariés.
Sous forme d’épargne salariale, de primes fixes et/ou variables, individuelles et/ou collectives, les compléments aux salaires prennent une part croissante. Un tiers des entreprises ont recours désormais à l’un ou l’autre de ces dispositifs qui, aléatoires et souvent discrétionnaires, accroissent les inégalités entre les salariés au sein d’une même entreprise. Cette pratique doit être réformée. La part variable des salaires doit diminuer et leurs critères d’attribution doivent être transparents et négociés collectivement. L’épargne salariale permet aux employeurs de distribuer plus de 14 milliards d’euros exonérés de cotisations. Pour la CGT tous les éléments de la rémunération doivent être soumis à cotisation. C’est la condition pour que les assurés sociaux puissent vivre dignement.
Utopiste ? Mettant financièrement en difficulté les entreprises ? Tels sont les maux dont nous affuble le MEDEF. Ce venin était le même en 1936 lorsque le patronat menaçait de fermer les entreprises si les congés payés voyaient le jour !