dimanche 28 décembre 2008
La Poste
Services supports - services transverses/services techniques Non à la Privatisation
Il y a deux mois, le Président de La Poste annonçait la privatisation de La Poste. Malgré les conséquences que l’on connaît quand ce type de changement de statut a lieu, le président et maintenant le gouvernement, se veulent rassurant pour les postiers, en annonçant que "la situation des agents fonctionnaires ou salariés restera inchangée". Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Car il faudra bien nous dire quelle situation devrait rester inchangée. En effet, les services supports ou techniques, restés transverses ou qui ont été métiérisés, sont sans doute ceux qui ont changé le plus dans leur organisation durant ces dernières années. En devenant une société anonyme, La Poste banaliserait son statut, deviendrait une entreprise "comme les autres". Or, qu’est-ce que font toutes ces grandes entreprises côtées en bourse. Elles externalisent leur activité de gestion du personnel, de comptabilité, informatique, technique, de bâtiment. D’ailleurs, dans le développement que souhaite avoir La Poste, il y a la prise en gestion des services courriers des entreprises, entre autre par sa filiale Dynapost. Qui pourrait croire que La Poste gérerait l’activité courrier externalisée par des entreprises, et que les entreprises de gestion, de maintenance informatique ou de bâtiment, … ne chercheraient pas à gérer les services supports de La Poste qui sont aussi pour elles, vecteur de croissance. D’ailleurs la maintenance des bâtiments où travaillent des postiers de plusieurs directions est aujourd’hui totalement assurée par des sociétés extérieurs (Vinci, …). Depuis plusieurs mois, différents projets ont été présentés aux personnels, parfois sous forme d’hypothèses, d’autres fois sous formes de projets concrets, allant tous dans le même sens. Quelques exemples : Immobilier : La Poste veut transférer une partie de son activité vers sa filiale Post-Immo. 150 personnes sont concernées, qui passeraient soit du statut de fonctionnaires, soit de la convention commune vers la convention collective de l’immobilier, de niveau inférieur et permettant les licenciements collectifs. Dans le même temps la direction transfère la propriété de plates formes courrier ou colis vers des structures dont elle ne détiendrait plus que 20 %. Quelles garanties et quel avenir pour les postiers y assurant la maintenance ? CIGAP : il y a 6 mois le directeur de la DORH disait vouloir créer un GIC, pour traiter les paies d’autres entreprises que La Poste. Du GIC à la filiale, voire l’externalisation, il n’y a souvent que quelques pas. DSEM : La Poste veut créer une filiale pour intervenir dans des points postes et les agences postales communales. Quels droits et garanties pour le personnel ? Comptabilité Enseigne : la Direction a annoncé réfléchir à ce que les comptabilités de bureaux ne soient plus faites par des agents de la direction de la comptabilité de l’Enseigne. Pourquoi pas à terme des sociétés extérieures. Tous ces exemples montrent que pour tous les services supports, la direction de La Poste a réfléchi à des hypothèses qui pourraient être la filialisation, l’externalisation de l’activité. Le statut de l’entreprise et les droits du personnel que sont le statut des fonctionnaires, et la convention commune, certes insuffisantes, mais s’appuyant sur les droits des fonctionnaires, empêchent tous licenciements collectifs. Un changement du statut de l’entreprise, alors que dans le même temps le nombre de fonctionnaires serait inférieur à celui de contractuels, et que se négocie une convention collective, ça ne donne aucune garantie aux postiers du maintien de leurs droits et garanties. Au contraire, ça risque d’accroître les suppressions d’emplois, voire des licenciements collectifs. Dans une entreprise à statut, telle La Poste, les garanties sont les mêmes que l’on travaille à la comptabilité, à la maintenance de bâtiment, à l’informatique, à la distribution de lettres au colis, au bureau de poste, ... Dans une société anonyme, la logique de métier s’impose, les droits et garanties sont beaucoup plus liés à l’activité. Avec une société anonyme, les risques d’éclatement du groupe sont bien plus importants, et donc la disparition de droits et garanties communes. La transformation de La Poste en société anonyme, qui est de fait sa privatisation, n’est bonne ni pour le service public, ni pour les postiers. Tous en grève le 23 septembre CONTRE la privatisation POUR la satisfaction des revendications