vendredi 17 avril 2009
Agences Entreprises France Télécom
I/ - Les différentes réorganisations sur le marché entreprise ne sont pas encore achevées qu’une nouvelle organisation est proposée au CCUES du 7 avril 2009. Ce projet consiste à gérer en deux parcs clients le marché PRO et TPE et créer deux agences qui seront rattachées à OPF DCE.
Lors de cette présentation la CGT a dénoncé la mise en œuvre pour le moins chaotique des projets "bas de marché" et MEF : Le manque de visibilité pour le personnel, les fermetures de sites, les mobilités fonctionnelles imposées, le manque de transparence sur l’affectation des postes de vendeurs VOP VIP, tous ces éléments ont plongé le personnel dans le plus grand désarroi. Les remontées du terrain nous amènent à exprimer de vives inquiétudes sur la viabilité du projet MEF, notamment sur le contenu de la fonction VOP. De plus France Télécom n’a eu de cesse d’essayer de contourner les prérogatives des IRP, notamment des CHSCT, en mettant en œuvre son projet avant que ceux-ci aient été consultés comme dans l’AE GE ou en contestant les expertises demandées comme à l’AE OA. Il faut également noter que l’expert mandaté par le CCUES sur ce sujet a eu quelques difficultés à accéder à l’information. A cela la direction répond avec le plus grand cynisme que les salariés sont très contents des réorganisations en cours. Cela exprime soit une réelle méconnaissance des réalités du terrain, ce qui est très grave, soit un aveuglement volontaire. Dans tous les cas refuser de voir en face les difficultés et ne pas prendre en compte le mécontentement et les inquiétudes des salariés, c’est in fine les exposer à de graves risques psycho sociaux. Un médecin qui ne fait pas le bon diagnostic ne peut apporter le bon remède !!! Le détail et la localisation des effectifs nous seront donnés lors d’une prochaine séance. Le point dur du dossier est le devenir des supports RH, Gestion, marketing, SI, RLP ce qui représente environ 10 % des effectifs. Ces activités seront mutualisées au sein de ces agences sur Paris. C’est la mise en œuvre du TTM pour les cadres qui sera appliquée. Nous avons demandé le détail des emplois et leur localisation potentiellement impactée. La difficulté résulte du fait que beaucoup de ces supports interviennent sur plusieurs marchés au sein de leurs agences actuelles (résidentiel et pro dans les AVSC, bas et milieu de marché dans les AE). . Des arguments qui ne tiennent plus Un des arguments évoqués pour justifier cette nouvelle réorganisation est la faible synergie qui pourrait être mise en œuvre entre les activités TPE PME et l’activité entreprises.
France Télécom a exactement utilisé l’argument inverse pour justifier le regroupement des plates formes ARTE et plates formes TPE PME au sein des mêmes AE et d’un même site, ce qui a entraîné la fermeture de 8 plates formes ARTE. Il n’est d’ailleurs pas question de maintenir les plates formes ARTE qui ne sont pas encore fermées comme à Rennes alors que l’argument utilisé pour justifier ces fermetures ne tient plus. Les difficultés à basculer sous e-force les clients pro et donc le maintien et le développement de Mercure justifieraient ce revirement. Comment croire qu’il n’a pas été possible auparavant d’anticiper un tel problème. Quelle crédibilité peut-on donner à l’entreprise lorsqu’elle avance un argument pour fermer des sites et que 6 mois plus tard elle utilise l’argument inverse pour justifier une nouvelle réorganisation ? Dans ce projet, la direction reconnaît les difficultés de monter en compétence des vendeurs TPE PME. Les représentants du personnel avaient pointé du doigt l’insuffisance du plan de formation et nous ne pouvons que regretter une fois de plus FT ne nous ait pas entendus. Sur les ADV Pro TPE PME, aucune décision ne serait encore prise, mais l’annonce d’un futur projet sur la question qui intègrerait l’ensemble des ADV pro et des AE (ADV Data …) est toujours d’actualité. Il convient d’être vigilant sur cette question. Enfin nos dernières interrogations portaient sur les modifications de périmètres. A peine trois mois après les élections FT commence déjà à bouger de façon importante les périmètres existants. C’est 3300 agents qui vont sortir des DT, une des pistes étant de les rattacher au CE de VMF. Une négociation doit avoir lieu sur cette question. Néanmoins il convient d’être inquiet de voir les AVSC et à moindre risque les AE également changer de périmètres. Les AVSC qui vont perdre les pros basculeront pour certaines à moins de 500 agents et connaissent en ce moment une process d’industrialisation qui consiste à piloter les flux nationalement par l’attribution de parcs clients. D’autres informations nous ont été données dans le cadre de ce projet, la généralisation du 1016 à tout le marché pro et E (1016 existant, TPE PME, ARTE). L’ouverture de cette plate forme du lundi au samedi de 8 h à 20 h, (au lieu de 9 h 17 h du lundi au vendredi actuellement). Ces plages pourraient être couvertes par la sous-traitance ou en interne. Pour info un client traité en portefeuille coûte 2 KE par an soit sept fois plus cher qu’un client traité en flux. Enfin pour les plateaux de taille inférieure à 50 salariés, un risque de concentration existe.
II/ - La CGT, bien que contre tout système de rémunération variable dénonce en plus l’opacité des systèmes de PVV appliqués au sein de FT, condamnant les modifications incessantes qui y sont apportées et la tendance à la baisse du montant moyen encaissé par les vendeurs.
Le projet de France Télécom est de constituer une base de calcul de la PVV pour les vendeurs et une autre pour les managers, les mêmes pour toutes les AE, à compter du S2.
Il est cependant nécessaire de garder à l’esprit que depuis 2005, déjà trois modifications de système de calcul du commissionnement ont été mises en place, avec un impact à la baisse.
Le calcul de la part variable se structure en 4 parties :
§ Placements : rémunèrent la performance commerciale, mesurée en volume de Chiffre d’Affaires signé,
§ Croissance du CA : rémunère la préservation et/ou à la croissance du Chiffre d’Affaires facturé par d’Orange Business Services,
§ Qualité de service : rémunère l’évolution de la Satisfaction Client,
§ Part managériale : rémunère la maîtrise du métier de la vente, le professionnalisme et la connaissance des offres.
La présentation du projet laisse apparaître :
beaucoup d’aléatoire : l’avis du manager a bien plus d’incidence. La part managériale augmente de 7,5 % à 22 %. De plus, il n’y a aucune transparence sur le calcul des objectifs,
des inconnues : aucune visibilité sur l’Indice satisfaction et insatisfaction clients – les composantes de placements sont considérablement diminuées – le taux de commissionnement par famille de produits est inconnu,
des critères hors activité propre du vendeur : la part liée au CA courant est supprimée - aucune visibilité sur le delta CA.
Dans le texte présenté au CCUES, nous ne voyons pas en quoi les dispositifs PVV seraient plus lisibles aujourd’hui. Des questions restent sans réponse :
quels sont les vrais avantages par rapport au dernier système de commissionnement, mis à part une plus importante homogénéisation des systèmes appliqués aux métiers de la vente ?
quel sont les avantages spécifiques aux clients entreprise et quels sont les points homogénéisés avec les autres systèmes de commissionnements d’autres entités de vente ?
quelle assurance que tout vendeur arrivera toujours à toucher un minimum de PVV et combien ?
pourquoi la part managériale a été ainsi augmentée ?
pourquoi des items indépendants des compétences des vendeurs rentrent en jeu maintenant alors qu’ils ont pour premier effet de décourager les vendeurs, du peu que les critiques soulevées soient injustes ?
D’autre part, comment ne pas évoquer la confusion des marchés traités dans les services qui s’occupent des clients Entreprise, sans compter les difficultés de rapatriement clients dans le SI ?
Ce qu’il faudrait : Il faudrait que les vendeurs puissent prendre leurs repères sur un plus long terme. Quoi de meilleur que de leur demander leur avis sur un sujet qui les intéressent particulièrement ? Il faut qu’une réflexion unique et précise soit menée sur les clients entreprise avec bien plus de transparence nécessaire sur la PVV. M. BARBEROT dit que France Telecom n’est pas considérée comme une des meilleures sociétés où les ingénieurs voudraient travailler. Mais les grades vendeurs trop variés : cela va du 2.3 au 4.2, avec des plans de promotions trop limités. La CGT demande pour ces métiers à fort potentiel un système de rémunération plus attractif en augmentant premièrement leur salaire de base et en leur garantissant une base de PVV fixe ainsi que des plans de formation à la hauteur des enjeux et un système stable pour qu’ils puissent s’y habituer le comprenant et le maîtrisant. Ce qui compte pour les vendeurs est surtout leur capacité de vendre et ce n’est qu’en leur laissant les mêmes clients sur une longue durée qu’ils peuvent obtenir des résultats satisfaisants non seulement en terme de commissionnement et de croissance du CA mais aussi de satisfaction personnelle qui est l’élément capital de l’épanouissement de l’agent qui travaille sur ce métier. D’autre part, un client qui est pris en main dans la totalité de ses besoins par le même vendeur est un client fidèle qui ne s’adressera qu’à France Telecom et sera moins tenté d’écouter et d’analyser les offres des concurrents.
La gestion de France Télécom, que ce soit dans les UAT, les CCOR, les AE n’a d’autres raisons d’être que la recherche incessante d’économie d’échelle, afin de continuer à abreuver les actionnaires de dividendes toujours en hausse. Les salariés sont pris en otage, et France Télécom ne se soucie guère de la démocratie sociale, des conditions de travail de ses salariés, de leur juste rémunération.
La CGT appelle l’ensemble des salariés à amplifier la mobilisation unitaire pendant tout le mois d’avril pour exiger de véritables négociations et pour un 1er mai historique, unitaire, massif !