lundi 14 septembre 2009
Chers Collègues, chers camarades,
Je m’exprime au nom de la Fédération des activités postales et de télécommunications du syndicat CGT en France.
Je profite de cette tribune, pour remercier nos camarades irlandais pour la qualité de l’organisation de cette 3ème Conférence Européenne d’UNI Europa Poste et Logistique et pour vous faire une confidence.
J’aime la couleur rouge, mais aujourd’hui, je vais tenter d’éviter de déclencher cette petite lampe rouge située devant moi, ce qui signifierait que j’ai peut être dépassé mon temps de parole, mais qui permettrait surtout d’avoir un débat beaucoup plus interactif entre nous.
J’ai bien écouté l’intervention de Rolf BUTNER ce matin, qui rappelait à juste titre, toutes les actions qui ont été impulsées par UNI ces derniers temps.
Oui, nous avons organisé la grande manifestation européenne des facteurs à Berlin,
Oui, nous avons organisé la manifestation européenne devant le Parlement Européen pour exiger le retrait de la Directive Postale,
Oui, nous avons été en capacité d’organiser la grande journée d’action Européenne le même jour, dans tous les pays avec une grève majoritaire des postiers en France.
Nous sommes convaincus que c’est par ce syndicalisme là, ce syndicalisme d’actions, de rassemblement, basé sur la solidarité que nous pourrons faire face aux coups de boutoirs assénés par le système capitaliste, seul responsable de la crise économique, sociale et environnementale dans laquelle nous sommes plongés et que nous subissons.
J’ai entendu les remarques de Philip JENNINGS qui se plaignait de la liste des mauvaises nouvelles qui concernait La Poste.
Et bien mes camarades, c’est en dépassant ce constat et en développant l’action pour lutter et rassembler le plus largement possible que nous passerons aux bonnes nouvelles pour l’avenir des services postaux en Europe.
Je voudrais maintenant vous faire part de la situation en France quant à l’avenir de La Poste.
C’et le 4 juillet 2008 en pleine période estivale, que nous avons appris par la presse que le gouvernement et la Direction de la Poste voulaient profiter de la transposition de la 3ème Directive Postale pour y rajouter la privatisation de ce grand Service Public qu’est la Poste.
Je dis par la presse, ce qui dénote au passage le niveau de la qualité du dialogue social qui existe entre les représentants des salariés et la direction de La Poste.
Immédiatement après ce coup de tonnerre, l’ensemble des Organisations Syndicales se sont réunis et ont appelé dans une démarche unitaire à développer l’action pour que ce projet de privatisation ne voit jamais le jour.
Je dois dire ici que la présence de l’UNI à la manifestation à Paris en la personne de Philip JENNINGS et de Bernadette SEGOL a été largement appréciée.
Parmi les initiatives que nous avons développé, la CGT a été en capacité en quelques semaines, de rassembler plus de 400 000 signatures de pétitions contre la privatisation de La Poste et pour un service public postal moderne et rénové qui ont été rapidement déposées au Président de la République au cours d’un rassemblement national.
Nous le savons bien, l’objectif de la Poste et du gouvernement français est clair : privatiser la Poste en lui donnant un cadre juridique de manière à satisfaire des appétits financiers et entrer dans la spirale des fusions acquisitions pour être le premier opérateur postal.
Cet objectif est totalement opposé à une conception moderne de ce que devrait être un service public postal rénové et qui puisse répondre aux besoins de la population comme le défendent les organisations syndicales françaises.
Je le réaffirme ici devant vous, pour la CGT, ce projet de privatisation n’est ni amendable, ni négociable, il doit se combattre !
Il sera en effet toujours combattu parce que nous connaissons tous les conséquences néfastes qui en découleraient contre les emplois, contrer les salaries, contre un aménagement équilibré du territoire, contre les services rendus aux usagers, contre les droits et garanties des personnels…
Aujourd’hui, la Direction de la Poste et le gouvernement français se trouvent isolés et en difficulté, car non seulement l’ensemble des organisations syndicales travaillent à construire un rapport de force pour combattre ce projet, mais un collectif national et des collectifs locaux de défense de La Poste et pour un débat public se sont également crées.
Nous ne sommes pas en effet pour le maintien du statut quo, mais nous avons des propositions sur le développement et la rénovation de ce service public et nous souhaitons les uns et les autres les mettre en débat.
Dans l’immédiat, et suite aux nombreuses luttes locales qui se sont développées tout cet été, l’ensemble des organisations syndicales se sont rencontrées il y a quelques jours et ont décidé d’appeler à une nouvelle journée de grève et de manifestations le 22 septembre prochain.
Le 3 octobre, le Comité National de défense de la Poste organise une consultation populaire pour exiger l’organisation d’un référendum constitutionnel de manière à permettre aux français de donner leur avis sur l’avenir de ce Service Public
Enfin, le 07 octobre prochain, nous participerons également à la journée mondiale d’action initiée par la Confédération Syndicale Internationale sur le travail décent avec toutes nos revendications sur les salaires, les emplois, les conditions de travail et les garanties pour les personnels.
Pendant la période d’élaboration de la dernière directive postale au Parlement Européen, l’UNI s’était largement exprimé pour en dénoncer toutes les conséquences et en exiger son retrait.
Aujourd’hui, face à la volonté du gouvernement français de privatiser La Poste, nous vous proposons d’avoir la même démarche, ce qui correspondrait du reste au point 4 du plan stratégique que nous nous sommes donné pour 2008-2011 et qui stipule « qu’UNI doit aussi venir en aide à ses affiliés confrontés à des luttes portant sur la réglementation ».
Nous savons que nous pouvons compter sur une plus grande implication de l’UNI dans la lutte que nous menons pour défendre cette notion moderne de Service Public postal et c’est la raison pour laquelle nous avons signé des deux mains la carte adressée hier au Commissaire Européen Charly Mac CREEVY pour la non application de la 3ème Directive Postale Européenne.
Je dois dire que nous sommes sur ce sujet très sensibles aux actions que développent actuellement nos camarades norvégiens qui exigent le retrait de cette Directive.
Dans ce contexte où la crise économique internationale sévit, il serait inconséquent de livrer le service public en pâture aux marchés financiers.
Pour ce qui nous concerne, vous pouvez compter sur notre volonté de tout faire pour que ce projet ne voit jamais le jour.
Je dois vous dire mes camarades, que nous sommes confiants au vu de la démarche unitaire travaillée par les organisations syndicales, nous sommes confiants car nous savons que plus de 74% de la population française défendent l’idée d’un service public postal et nous sommes confiants parce que ce sont aujourd’hui, le gouvernement français et La Poste qui se trouvent isolés et en difficultés malgré leur volonté de passer par une procédure parlementaire d’urgence.
Comme au Maroc, en Argentine, en Angleterre, aux Etats-Unis, ou au Canada, des situations de libéralisations ou de privatisations qui étaient présentées comme inéluctables sont aujourd’hui passées par dessus bord.
En France aussi, tous ensemble nous allons gagner !