vendredi 27 août 2010
Pour la satisfaction de nos revendications.
Le secteur commercial est un de ceux qui subit de plein fouet l’aggravation des conditions de travail, le stress, la fatigue d’un métier particulièrement exigeant. Le mal est profond et les forces de vente ne sont pas dupes. Les commerciaux se sont d’ailleurs fortement mobilisés dans différents départements ces derniers mois. Nos actions ont contribué à ce que La Poste reconnaisse ce malaise. Elle tente aujourd’hui d’éteindre le feu en employant une stratégie qui consiste à faire dire aux commerciaux ce qui l’arrange, sous prétexte de démocratie sociale. Au travers de son enquête elle veut laisser croire : que ceux qui expriment leur malaise, leur épuisement professionnel ne seraient pas de « bons » commerciaux ; et qu’elle a répondu à la reconnaissance du métier et des revendications des commerciaux… En réalité, il n’en est rien… A ce jour aucune ouverture de négociations avec les organisations syndicales. Seulement des décisions unilatérales !
Continuons à imposer nos revendications !!!
Toutes les raisons d’agir en cette rentrée ! Et tout particulièrement le 7 septembre*, jour de la présentation du projet de loi sur les retraites à l’Assemblée Nationale, comme le propose l’ensemble des organisations syndicales au niveau interprofessionnel. Dans ce cadre, les organisations syndicales CFDT, CFTC, CGT, FO et SUD de La Poste appellent également à amplifier la mobilisation dans un communiqué commun du 12 juillet. Cette réforme n’apporterait, par ailleurs, aucune réponse sur la reconnaissance de la pénibilité. Elle aggraverait les inégalités entre les femmes et les hommes. Ce projet de réforme, un des plus dur d’Europe, arrive dans un contexte économique dégradé. La politique suivie qui relève notamment de choix fiscaux partisans en aggrave les conséquences sociales ; le chômage augmente, les conditions d’emploi se dégradent, les services publics sont affaiblis. Depuis plusieurs mois les salariés du privé et du public, les demandeurs d’emplois, les jeunes et les retraités se sont mobilisés de plus en plus massivement sur les retraites, notamment le 24 juin et durant tout l’été. A la CGT, nous avons fait le choix de déposer un préavis de grève national spécial forces de vente sur nos revendications. Les salariés ainsi que les commerciaux ont réaffirmé leur opposition au projet de réforme injuste et inacceptable du gouvernement et exprimé leurs revendications. C’est la mobilisation la plus large des salariés qui permettra d’imposer d’autres choix à ce gouvernement, d’imposer à La Poste l’ouverture de réelles négociations.
* La CGT a déposé un préavis national de grève spécifique pour les commerciaux
D’autres choix sont possible. La CGT a des propositions :
Sur notre éthique, notre contexte professionnel :
Sur l’éthique : Les métiers du commercial doivent faire l’objet d’une éthique dans leur conception comme dans leur mise en œuvre ; Nous n’avons pas à accepter tout et n’importe quoi dans l’exercice de notre fonction et de nos responsabilités, notamment par rapport à la « méthode de vente » ;
Sur les conditions de travail : l’encadrement est le mieux placé pour évaluer l’organisation du travail et la finalité du travail au quotidien ; La stratégie mise en œuvre par nos dirigeants, avides de gains de productivité, se traduit par des suppressions massives d’emplois et une augmentation de la charge de travail pour les autres ;
Les moyens humains et matériels manquent pour répondre correctement aux demandes des clients et aboutissent à un résultat qui n’est profitable : ni à l’image de La Poste, ni aux usagers de La Poste, ni aux professionnels de La Poste ; Sur les libertés : le droit « à se défendre », le droit « à être reconnus et respectés » font partie des droits reconnus par le Statut de la Fonction Publique et le Code du Travail ;
Sur le salaire : notre fonction et nos responsabilités appellent à la reconnaissance du statut de cadre, c’est-à-dire un minimum de salaire pour les cadres de 2885 € mensuels bruts (plafond de la Sécurité Sociale) ; et de réelles perspectives de promotion.
Une étude récente intitulée « Enfants, interruptions d’activité des femmes et écarts de salaire entre les sexes » conclut ainsi « Salaires femmes-hommes : 70% de l’écart reste injustifié ». Plus de 60% des commerciaux à La Poste sont des femmes. Les femmes en classe III représentent 21,75% de l’effectif total de femmes à Enseigne, contre 35,61 pour les hommes.
Les Femmes, tous métiers confondus, représentent aujourd’hui 45,8% de la classe III. Elles sont 38,8% de la classe 4 et moins de 25% de cadres stratégiques !! Nous regrettons qu’il n’y ait pas de « fuites » sur le nombre de femmes parmi les cadres dirigeants… Il n’y en a qu’une au Comex !!
Une femme avec une évolution de carrière, est moins bien traitée que les hommes. A la Poste, la rémunération mensuelle médiane d’un cadre classe III est de 2 302 € pour un Fonctionnaire et de 1 585 € pour un Contractuel. Une différence de rémunération apparaît entre les femmes et les hommes de 10 à 60 € à partir de la classe III et se creuse au fur et à mesure. Alors que les femmes sont plus nombreuses chez les commerciaux, majoritairement contractuelles et avec plus d’ancienneté, elles perçoivent un salaire inférieur à celui des hommes ! En somme, leur présence continue sur le marché du travail ne leur rapporte rien de plus que d’accumuler davantage d’expérience, sans réussir à mettre leur rémunération à hauteur de celles des hommes…
Empilement de tâches, augmentation de la charge de travail, dévalorisation du travail notamment par la polyvalence, le dé-classification, etc… sont le vécu de l’écrasante majorité des commerciaux.
Dès lors, ce qui choque, ce sont les réponses de nos directeurs : « il y a un attendu métier », « ce sont certains conseillers qui ne s’organisent pas bien », « allez voir dans les autres réseaux », « on n’a pas de départ vers la concurrence »… un florilège de phrases qui fait barrage à une réelle prise en compte du mal être général. Pour la CGT, c’est le management induisant la différence entre « l’attendu à faire » soit le travail prescrit et ce qui permettrait d’adapter le travail à la réalité du temps imparti, soit le travail réel qui est responsable en grande partie des phénomènes d’épuisement ou de démotivation des conseillers. Aucune marge de manœuvre n’existe. C’est l’infantilisation qui règne à tous les niveaux et des politiques managériales coercitives qui en rajoutent : « on peut te virer à tout moment », « tu fais du boulot de GESCLI », « tu nous coûtes cher »… pas vraiment aidant et valorisant le management !
Il faut soigner le travail, notre travail, sa finalité et sa qualité doivent être en corrélation avec les attentes des commerciaux ! Pour la CGT, il faut revoir l’objectif des 5 rendez vous/jour, les seuils d’engagement, les objectifs et revenir à plus d’autonomie de la profession. Cela nécessite de revoir l’organisation de travail jusque dans son contenu et sa finalité. En particulier lors de la conception des méthodes de travail et de production. De sorte que les « résultats » ne soient pas un instrument d’individualisation et de rémunération au mérite par le biais d’entretien d’évaluation et de politique salariale. Car cela devrait être plutôt l’aboutissement logique d’une reconnaissance professionnelle et d’un épanouissement.
Commerciaux, tous ensemble le 7 Septembre pour exiger avec encore plus de forces la satisfaction de nos revendications, notamment salariales et de santé au travail (emploi, conditions de travail et de vie, organisation du travail, retraite) :
Revalorisation de toutes les grilles salariales sur la base d’un SMIC à 1 600 € bruts pour un salarié sans diplôme, sans qualification et sans expérience professionnelle, un minimum de salaire pour les cadres de 2 885 € mensuels bruts (plafond de la Sécurité Sociale) et l’attribution du statut de cadre pour les cotisations sociales et de retraites ;
La comptabilisation et le paiement des heures supplémentaires, le respect des jours de RTT et des 35h ;
Mise en place d’un 13ème mois et d’une prime mensuelle de 500 € acquise sur le commissionnement ;
Amélioration des conditions de travail, avec l’arrêt immédiat d’un management agressif, ce qui implique le respect et la dignité, donc l’arrêt de toutes les formes de pressions et le respect de notre déontologie et de notre éthique ;
La reconnaissance de notre métier par l’octroi du III.2 au minimum avec passage automatique en III.3 au bout de 2 ans ;
Respect de la vie privée notamment par des horaires compatibles avec nos vies personnelles et familiales,
Des objectifs cohérents, négociés et adaptés au potentiel du bureau ainsi que le droit aux congés,…