vendredi 5 février 2010
Le 6 juillet 2009, La Poste nous annonçait l’ouverture d’un chantier social sur la ligne conseil bancaire dès l’automne 2009 sur 2 aspects : la rémunération variable bancaire et le mal être des Forces de Ventes. Elle nous soulignait le caractère inédit de l’ouverture d’un dialogue social sur les commerciaux. Forcément, elle ne pouvait que reconnaître, au travers des fortes mobilisations départementales et de l’inscription des commerciaux dans les journées de grève nationales et interprofessionnelles, qu’il y avait malaise. La Poste a donc lancé une enquête auprès des 9300 Forces de vente, par le biais d’un professionnel extérieur d’expertise, « sustainable » autrement dit développement humain durable. Ce questionnaire a été mis en place avec retard, à partir de 6 portraits (la Tiraillée, le Battant, le Bien dans ces baskets, le Mécontent, la Réformatrice, le Désabusé). Les commerciaux ont été appelés à se positionner sur un tel ou un tel portrait. Ce questionnaire est un acte de gestion unilatéral. Les organisations syndicales n’y ont pas été associées, ni dans le choix du cabinet ni dans la mission confiée. Elles ont juste été informées. Pour la CGT, il s’agit d’aller plus loin. C’est-à-dire répondre concrètement aux revendications exprimées par les commerciaux.
Durant l’été 2009, la CGT a lancé une campagne de consultation des commerciaux sur le salaire et la santé au travail… La CGT n’a pas attendu La Poste pour connaître les besoins exprimés par les commerciaux et ce n’est pas la première fois qu’elle a cette démarche. La CGT a véritablement donné la parole aux commerciaux. Elle n’a pas fermé les questions et les réponses sont unanimes. Certains diront « C’est scandaleux » ; d’autres « pressions au quotidien » ; « pas de motivation, pas de reconnaissance, pas d’écoute, pas de respect » ; « L’heure est à la réponse à nos revendications »…
La souffrance physique, sociale et psychique des commerciaux trouve son origine dans l’organisation du travail qui écarte ou nie systématiquement l’individu, son identité, sa propre conception du travail, ses valeurs, ses espoirs. Le travail est un lieu essentiel de construction de son identité, de son développement personnel où s’élaborent les rapports sociaux. Mais à La Poste, il est à l’inverse, source de souffrance de troubles car les conditions de sens et de reconnaissance ne sont pas réunis. La Poste doit prendre ses responsabilités. Elle ne peut ignorer son obligation de prévention, de sécurité et de résultat. Agir sur le travail, c’est l’évaluation des risques. Pour la CGT, l’enquête effectuée tant de part son contenu, que le choix des questions, ne permet pas l’identification des risques et a été orchestrée afin de faire dire aux salariés ce qui arrange la direction sous prétexte de démocratie sociale. La Poste ne peut pas fermer les yeux sur les nombreux CHS CT (Commission d’Hygiène, de Sécurité et de Conditions de Travail) qui se sont déroulés dans plusieurs départements sur la souffrance au travail des commerciaux. Agir sur le travail, c’est : changer les relations sociales ; transformer le contenu du travail ; agir sur l’environnement physique ; modifier l’organisation du travail ; ouvrir les possibilités d’évolution ; concilier vie personnelle et vie professionnelle ; lutter contre l’isolement des salariés.
La Poste déploie des trésors de créativité pour ne pas changer l’organisation du travail. Elle a multiplié les groupes de travail notamment dans les Bouches du Rhône et dans l’Hérault et passait de longues séances sur la mise en place d’indicateurs. Pour la CGT, la mise en place d’indicateurs, comme cette enquête, ne sont pas la première priorité. Il faut d’abord modifier radicalement certains axes de l’organisation du travail et après, on regarde les effets sur une série d’indicateurs.
L’identification de l’exposition au stress au travail peut passer par une analyse de différents facteurs. La rémunération des commerciaux en est aussi une des causes : polyvalence subie et sans valeur ajoutée (heures supplémentaires…), individualisation et rémunération au mérite par le biais des entretiens d’évaluation et de la politique salariale… La Poste nous informe qu’à l’issue de l’enquête, elle devrait ouvrir dans le courant du 1er trimestre, un chantier de réflexion sur la prime bancaire, non revalorisé depuis trois ans maintenant. Ceci est à mettre à l’actif des actions de luttes des commerciaux pouvant aller jusqu’à la grève. La CGT restera vigilante car pour l’instant, silence radio ! Elle exige donc l’ouverture immédiate de négociations.
Ensemble, nous allons gagner