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LIAISON Septembre 2008

vendredi 26 décembre 2008

Non à la privatisation ! Non, la privatisation ne servira pas à améliorer les droits et garanties des Contractuels !!! La Fédération CGT a appris vendredi 4 juillet par l’Agence France Presse (AFP), l’intention de La Poste de changer de statut et de devenir une Société Anonyme. Nous apprendrons par la suite toujours et uniquement dans la presse que la « réflexion » était engagée entre le gouvernement et La Poste depuis plusieurs mois, dans le plus grand secret. Ce n’est que lors de la rencontre entre la CGT et Mr Bailly, Président de La Poste, mardi 8 juillet 2008, que celui-ci confirme l’objectif de changement de statut de La Poste début 2009 s’accompagnant de l’ouverture du capital de 10 à 20 % . Le 29 août, à l’occasion d’une Commission d’Echanges Stratégiques avec l’ensemble des organisations syndicales, La Poste annonce un projet de loi au 1er semestre 2009, suivi d’un changement de statut de l’entreprise en « Société Anonyme » pour le 1er janvier 2010 et enfin l’ouverture du capital en 2011. La CGT s’y oppose fermement !

Non à la privatisation ! Non, la privatisation ne servira pas à améliorer les droits et garanties des Contractuels !!! La Fédération CGT a appris vendredi 4 juillet par l’Agence France Presse (AFP), l’intention de La Poste de changer de statut et de devenir une Société Anonyme. Nous apprendrons par la suite toujours et uniquement dans la presse que la « réflexion » était engagée entre le gouvernement et La Poste depuis plusieurs mois, dans le plus grand secret. Ce n’est que lors de la rencontre entre la CGT et Mr Bailly, Président de La Poste, mardi 8 juillet 2008, que celui-ci confirme l’objectif de changement de statut de La Poste début 2009 s’accompagnant de l’ouverture du capital de 10 à 20 % . Le 29 août, à l’occasion d’une Commission d’Echanges Stratégiques avec l’ensemble des organisations syndicales, La Poste annonce un projet de loi au 1er semestre 2009, suivi d’un changement de statut de l’entreprise en « Société Anonyme » pour le 1er janvier 2010 et enfin l’ouverture du capital en 2011. La CGT s’y oppose fermement ! L’objectif de cette privatisation est claire : donner un cadre juridique à La Poste pour satisfaire les appétits financiers et entrer dans la spirale des fusions acquisitions pour être le 1er opérateur postal, être prêt à l’ouverture totale à la concurrence en 2011 et être le 1er opérateur postal européen.. Mais, à quel prix ! Suite à la réforme de 1991, La Poste a la possibilité de recruter du personnel de droit privé et plus uniquement sous statut de fonctionnaires. Les conditions de vie et de travail se sont dégradées pour l’ensemble des personnels, tous statuts confondus. Les uns abaissant le niveau des autres… Suppression d’emploi, des salaires de misère, dégradation des conditions de travail, souffrance des agents…sont déjà le fruit des restructurations. Alors que les bénéfices ne font qu’augmenter, La Poste ne répond en rien aux revendications des postiers pour une amélioration de vie et conditions au travail… Les Fédérations CGT-SUD-CFDT-FO-CFTC appellent leurs organisations territoriales et leurs militants à faire du 23 septembre 2008, une journée d’action par la grève et des manifestations massives. Elles conviennent de proposer ensemble aux usagers de signer une pétition pour appuyer l’action des postiers et s’opposer au projet. Elles conviennent également de s’adresser ensemble à tous les élus et partis politiques pour en faire de même. Toutes et tous en grève le 23 septembre 2008

L’emploi

En passant de 289 865 personnes physiques en 2006 à 279 795 en 2007 dont 116 397ACOS (41%) et seulement 217 770 emplois équivalent temps plein, l’argument du maintien de l’emploi, du développement des compétences (moins de 10% des personnes physiques ont bénéficiés d’une promotion) relève de la supercherie. Pour nous en convaincre, le rapport entre chiffre d’affaire et masse salariale et environ de 77 % à La Poste maison mère et de 60 % pour le groupe (à France Télécom, aujourd’hui privatisé, il est de 17 % actuellement). La recherche de profit maximum viserait à diminuer ce ratio. Des milliers d’emplois sont menacés, l’exploitation n’a pas de limite !!! D’ailleurs, le 29 Août, lors de la Commission d’Echange Stratégique, Mr Bailly n’a communiqué aucun mot sur l’avenir des contractuels !!! Cela veut dire à la fois risque : Ø De suppressions d’emplois plus nombreuses, voire de licenciements. Ø Les ACO sont en première ligne, d’emplois précarisés, Ø De nouvelles réorganisations et concentrations d’activités, d’accroissement de la sous-traitance, Ø Des filialisations, externalisations et délocalisations. La Poste est une entreprise de main d’œuvre. Tous ces agents Fonctionnaires et Contractuels contribuent au service public. Le statut de fonctionnaire est la base du recrutement pour les agents dans la fonction publique. Ce statut garanti des droits essentiels tel que la garantie et la pérennité de l’emploi. Ces droits fondamentaux sont régit par le « Statut de la Fonction Publique », non remis en cause pour l’heure par les politiques. Ce statut, créer en 1946, a toujours été menacé par les attaques du patronat et a besoin aujourd’hui d’être rénové à la hauteur de nos besoins et de revendications. Garantir l’emploi est un enjeu majeur dans notre société et essentiel pour le bien-être des salariés. Nous le vivons au quotidien : temps partiel imposé, multi employeurs, allongement de la période d’essai, « séparation à l ‘amiable », précarité pour le personnel de l’encadrement (CDD de mission) A La Poste, la CGT a fait reculer la précarité, principalement en l’obligeant à respecter les lois qui la conduit à faire du temps plein la règle de l’emploi. Nous restons très vigilant sur la diminution annoncée des contrats à durée déterminée, les chiffres annoncés n’étant pas vérifiables. 10% des postiers sont encore à temps incomplets dont 17% de femmes et principalement des contractuelles (9,8% de femmes sont à 80% dont seulement 2% d’hommes). La encore, le choix du temps partiel reste soumis au organisation du travail et à la vie familiale. En effet, La Poste doit mettre à disposition des représentants des organisations le Registre Unique du Personnel, registre où sont notées les entrées et sorties des salariés de droit privé. Ces données doivent être fournies tous les mois… Et dans votre département, qu’en est-il ?… Pour la CGT, le contrat à durée indéterminée à temps complet doit être la règle pour un emploi stable et pérenne. La CGT revendique un statut d’emploi déterminé à partir du statut de fonctionnaire, rénové et réactualisé pour des droits et garanties de haut niveau.

L’exemples édifiant en Europe

En Suède, pays qui a été parmi les premiers en Europe à privatiser sa poste en 1993, le bilan est catastrophique… Dix ans après le bilan est sans appel : le prix du timbre a doublé, 30 000 emplois parmi les 70 000 que comptait l’opérateur historique ont été supprimés et le nombre des bureaux de poste traditionnels a été divisé par 5 et ils sont dévolus désormais aux entreprises. Pire, la poste suédoise qui générait des profits est en déficit chronique depuis des années. Elle a perdu plus de 87 millions d’euros en 2002, un déficit qu’elle s’attend encore à creuser en 2003. La plupart des actifs ont été vendus, du système de paiement postal, très répandu en Suède, jusqu’aux bâtiments en passant par le Siège Social…Aujourd’hui, les particuliers suédois affranchissent les lettres et reçoivent leurs paquets dans quelques 3000 points poste installés dans les supérettes, des tabac ou des stations-service (Article du FIGARO en 2004) En Europe entre 2000 et 2004, c’est déjà une baisse de 2% en moyenne du nombre de points de contacts qui s’est de plus accompagnée d’une forte évolution dans tous les pays pour transformer les bureaux de plein exercice en agences, boutiques, relais, etc. En Allemagne, c’est la fermeture de 5 000 bureaux en cas d’ouverture complète à la concurrence sur les 13 000 actuels. C’est la baisse des effectifs : 150 000 emplois depuis la réforme de 1990 jusqu’en 2002.

Le Salaire

L’emploi de fonctionnaire n’est pas une sécurité que pour l’emploi. C’est aussi une garantie de rémunération avec déroulement de carrière d’un niveau autre que le droit privé. La Poste a fait le choix de recruter des agents contractuels (de droit privé), un des moyens simples et évident de faire du bénéfice rapidement. Un facteur fonctionnaire, grade I.2 avec 11 ans d’ancienneté gagne aujourd’hui 1481€ brut par mois ; son collègue contractuel, même grade, même ancienneté, gagne seulement 1403€ brut par mois. Avec le même grade et avec 24 ans d’ancienneté, le facteur fonctionnaire gagne 171€ de plus par mois ! Pour autant, le salaire des fonctionnaires est confronté à des pertes sensibles de pouvoir d’achat. Il y a donc urgence à se mobiliser pour nos salaires !!!

La Poste a tout intérêt à recruter des agents contractuels dont le niveau de salaire est bien inférieur à celui des fonctionnaires. Les bénéfices annoncés par La Poste, ces dernières années proviennent, pour une partie, des écarts de salaire entre les salariés fonctionnaires et contractuels. Tous les postiers pâtissent de cette politique, et plus particulièrement les contractuels qui sont rémunérés par un salaire inférieur à leur collègue fonctionnaire pour un travail de valeur comparable. La Poste, qu’en a elle, en récupère les bénéfices !!!

Les salaires des agents contractuels sont négociés chaque année, mais la négociation reste figée autour du SMIC, accompagné d’un tassement vers le bas de tous les niveaux. La suppression du grade I.1 depuis le 1er juillet 2005 n’a fait qu’aggraver les salaires pour tous. En effet, le grade I.2, grade de base aujourd’hui, n’a pas évolué d’autant, mais se substitue au grade I.1. Opération blanche pour La Poste !!! La CGT a toujours dénoncé la politique salariale appliquée par La Poste. Celle-ci refuse d’entendre nos revendications. Exigeons une meilleure répartition des richesses créées par l’ensemble du personnel. Exigeons partout, avec la CGT, la réouverture des négociations salariales sur la base des 1500 €uros bruts comme salaire de base minimum de première embauche pour un salarié sans qualification et la reconstruction des grilles de salaires sur la base de 1 800 €uros minimum pour le 1er niveau de qualification,

« La Poste, son avenir nous concerne, la CGT vous propose d’en débattre » c’est toujours d’actualité…

Qu’est-ce que La Poste ? C’est un service public dont les activités répondent à l’intérêt général et non au profit, avec des outils qu’elle se donne pour faire ce choix, et qui comptabilise en 2007, 279 795 agents (163 398 fonctionnaires et 116 397 contractuels) C’est répondre à des besoins jugés comme essentiels (individuels et collectifs), le droit à la communication pour tous, quelque soit le niveau social, le lieu d’habitation…et non transformer la communication en marchandise à la recherche de profit. Et la CGT, dite « archaïque » par M.BAILLY, est consciente de l’évolution des besoins et pour ce faire, elle a des propositions, autre que celles privilégiées par le gouvernement et la Direction de La Poste. Ces propositions englobent tant l’aspect économique de l’entreprise que l’aspect social dans toute sa dimension.

Les différentes activités de La Poste se complètent (Courrier, Guichet, Services Financiers, Colis) et contribuent ensemble à l’équilibre financier de La Poste. En effet, ce ne sont pas les impôts qui financent La Poste, mais bien ces activités. De plus, l’Etat a longtemps effectué des prélèvements financiers indus sur son budget, la contraignant à un lourd endettement ! La clarté de la gestion doit être faite avec une totale lisibilité, transparence et démocratie. La CGT a demandé une expertise…La Poste étant un bien public, les postiers et les citoyens doivent intervenir dans les décisions d’orientation… La Poste sans ses 300 000 postiers serait une ineptie. 1er employeur après l’Etat, La Poste est principalement une entreprise de main d’œuvre sur lequel les choix de gestion ont été profondément bouleversés depuis 1990. La réforme des « PTT » a introduit, entre autre, le droit privé alors que les postiers étaient exclusivement des fonctionnaires d’Etat. Pas de changement de statut pour La Poste, mais changement de statut pour le personnel. Pas d’incidence directe et visible pour les usagers, le facteur distribue toujours le courrier, le guichetier fait toujours des opérations au guichet…mais incidences directes sur les droits et garanties des postiers. Une « convention collective » naissait et mettait à la trappe tous les acquis obtenus par les fonctionnaires antérieurement. La CGT a contraint La Poste a revoir sa copie et cette convention dite « commune » (La Poste et France Télécom) était proche du statut des fonctionnaires. Des points noirs subsistaient : la nature de l’emploi, les niveaux des salaires, le déroulement de carrière… M.BAILLY affirme « le personnel gardera les mêmes droits et garanties »…de quels droits et garanties parlent le Président ? Les lois votées ces dernières années, et plus récemment, n’apportent pas d’amélioration pour les salariés. Les salaires n’augmentent pas à la hauteur des besoins de chacun.

Dans le dernier Forum adressé au Postiers, le Président de La Poste affirme que la situation des postiers restera inchangée. De quelle situation il parle ? De quelles garanties ? Par exemple, la situation est déjà en train de se dégrader pour les contractuels et leur retraite. L’IRCANTEC (régime de retraite complémentaire des ACO) est gravement menacé, sans que La Poste n’y fasse allusion. Le gouvernement veut imposer une réforme dangereuse pour les affiliés. En effet, elle se traduirait par une hausse des cotisations, sans que celle-ci se traduise par une hausse du niveau de retraite, bien au contraire ! Cette réforme entérine une baisse des retraites pouvant aller jusqu’à 30 %. L’Ircantec a accumulé plus de 5 milliards d’€ de réserve et que la situation restera excédentaire pendant au moins 10 ans. La réforme imposée par le gouvernement ouvrira le secteur des retraites au marché financier et conduira vers des dispositifs par capitalisation, type assurantiel ou fonds de pension. Tout le monde ne sera pas en capacité de s’offrir ce luxe ! Pour la CGT, la bataille continue. A l’Ircantec comme dans d’autre régime de retraite, la CGT et les salariés poursuivent leur combat pour défendre et promouvoir un système de retraite par répartition, juste, équitable et solidaire, pour tous. La pétition de la CGT sur l’Ircantec doit continuer à être massivement signée.

Les privatisations se font toujours sur le dos du personnel et des usagers comme nous le rappellent les exemples de France Télécom, d’EDF… La privatisation se traduirait donc immanquablement par une pression encore plus forte sur la masse salariale et donc sur l’emploi en nombre et en nature, sur les salaires et les droits et garanties des personnels. S’opposer à la privatisation et exiger avec encore plus de forces la satisfaction des revendications, c’est se donner les moyens de gagner. Alors tous ensemble dans l’action le 23 Septembre 2008. Chaque postier gréviste va compter.

Le conseil d’administration extraordinaire du 03 septembre « a donné un avis positif sur le dispositif de réforme », contre l’avis des syndicats majoritaires de la fonction publique. La CGT, FO et la FSU ont refusé de donner leur aval à cette réforme et ont quitté la séance. Les autres syndicats (CFDT, UNSA, CFTC, CGC), minoritaires dans la fonction publique et en particulier à La Poste, ont donc cautionné la réforme alors qu’ils l’avaient rejeté en juin dernier !


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