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France telecom lettre N°147 du conseil d’administration

vendredi 25 juin 2010

• Télécoms

Compte rendu de mandat Spécial AG des actionnaires/ CA du 20 juin

N 147

Stéphane Richard a convaincu... les financiers ! Pour le journal des finances, le 9 juin, à l’assemblée générale : « Devant une salle du palais des congrès bien remplie le nouveau directeur Général de France Télécom à réussi son baptême du feu » !!!

Bien évidemment, les actionnaires n’ont pas boudé leur plaisir et ont voté « des deux mains » la résolution prévoyant le versement des dividendes à 1,40€ par action (le solde de 0,80€ étant payé le 17 juin). Ces derniers se sont même permis de siffler et de huer abondamment la résolution du CCUES lue par une élue qui dénonçait entre autres la baisse des investissements et mettait en garde contre la volonté de maintenir l’objectif de cash flow pour 2010 et 2011 à 8 Mds €, risquant d’hypothéquer l’avenir de l’entreprise.

De son côté la CGT par une distribution de tract aux participants de l’AG dénonçait : « Le versement de 3,6 milliards d’euros de dividendes aux actionnaires pour l’année 2009 pour un résultat net de 2,99 milliards alors que France Télécom connaît une crise sociale sans précédent et est touchée de plein fouet par la crise économique. » Cette volonté de verser les dividendes promis à tout prix, en puisant dans ses fonds propres prive l’entreprise de sa capacité à investir et ainsi de participer à l’effort de relance nécessaire en période de crise. Elle ne permet surtout pas de libérer les moyens nécessaires en termes d’emploi et d’amélioration des conditions de travail pour sortir de la crise sociale.

Les investissements (CAPEX) ont chuté de près de 18 % l’an passé ; pour atteindre un niveau de 8 % du CA au premier trimestre. Cette baisse des CAPEX contribue pour plus de moitié au plan d’économie d’un milliard cinq lancé lors d’orange 2012.

FTTH, le réseau de demain : ça urge !!! En 2010, France Télécom a l’intention d’investir seulement 80 millions d’euros contre 150 pour SFR et 200 pour Free, quand 30 milliards sont nécessaires pour couvrir l’ensemble du territoire. Les investissements sur la 4G sont suspendus. La France, marché historique de notre opérateur, est le principal générateur de cash du Groupe et pèse en 2009 pour plus de 50% du chiffre d’affaire. Il est indispensable de trouver des relais de croissance sur notre marché intérieur et cela passe nécessairement par un plan ambitieux de développement de la fibre et de la 4G, qui portera l’essentiel des services à forte valeur ajoutée de demain. L’enjeu est de répondre aux attentes des populations et des entreprises qui sont fortes en matière de communication. Il est essentiel de ramener au niveau qui était le notre, la qualité de service. Cela passe par des investissements sur le réseau, l’internalisation des activités réseaux et centres d’appel, la création d’emplois stables et qualifiés et la reconnaissance du travail. Il est donc indispensable aujourd’hui, de dégager des moyens pour le financement d’un véritable projet industriel durable, en finir avec la crise sociale interne. Pour assurer l’avenir, il y a besoin de nouveaux arbitrages orientés vers l’investissement, les besoins en emplois, la reconnaissance du personnel et la réponse aux besoins de la population. La CGT considère qu’il faut libérer 3 milliards d’euros, dès cette année, pour répondre à ces défis. Les 5 et 6 juillet, Stéphane Richard doit dévoiler le nouveau projet industriel. Mais pour que ce dernier soit autre chose que de belles promesses, il devra annoncer une autre répartition des richesses créées par les salariés, pour l’investissement productif, pour l’emploi, pour l’intérêt général. C’est à ce prix qu’il pourra convaincre cette fois, les salariés !!!

Ghislaine COINAUD administratrice

Fédération CGT des activités postales et de télécommunications263, rue de Paris - Case 545 - 93515 Montreuil Cedex – Tél. : 014818 54 00 - Fax : 0148 59 25 22 - C.C.P. Paris 20376 D http://www.cgt-fapt.fr e-mail : fede@cgt-fapt.fr Le Monde : partenariat technique ou dictat politique ?

L’annonce faite par Stéphane Richard, d’abord à l’assemblée générale des actionnaires et puis dans la presse, de participer à la recapitalisation du Monde, à hauteur de 20 millions dans la holding, au côté du nouvel Observateur et de Prisa (El Païs), à été argumentée par le Directeur général de France Telecom comme une stratégie en matière de contenu pour « nouer des partenariats avec les éditeurs ». Dans ce cadre France télécom s’engagerait également, à hauteur de 33 millions, sur un accord industriel avec Le monde interactif (filiale du Monde) pour le développement de contenus interactifs par le rachat de la participation des 34% de Lagardère « Nous n’avons pas l’intention d’intervenir sur le contenu rédactionnel du monde. Orange ne sera jamais un groupe de presse » a-t-il ajouté. La presse quant a elle s’est fait l’écho de pressions de l’Elysée pour que France Telecom rentre dans la course face à un trio : Free(Iliad), Banque Lazard, Pierre Bergé (Yves St Laurent). Pour la CGT, farouche défenseur de l’indépendance éditoriale et de la pluralité de la presse, cette dernière ne doit pas être prise en otage dans le cadre de la bataille idéologique en vue des prochaines élections pour servir les intérêts de tel ou tel parti politique. Dans les faits, pour masquer les méfaits de la mondialisation libérale, de plus en plus contestée, les géants de l’industrie et de la finance, investissent dans la presse pour la contrôler et formater l’information à leur profit pour que rien ne change. Par contre face aux difficultés que rencontre la presse écrite, l’état doit jouer son rôle au travers d’aides diverses. La numérisation de la presse (Internet, mobile, Iphone, tablette…) constitue bien une évolution incontournable et dans ce cadre, la pluralité de la presse et l’indépendance éditoriale doivent également être préservée ; le grand emprunt prévoit 2 milliards pour les réseaux très haut débit et 2 milliards pour l’aide à la numérisation de la presse. Cela devrait aider à ce que toute la diversité de la presse, ainsi que les nouvelles applications qui seront développées dans ce cadre (informations culturelles locales, e billetteries, critiques de spectacles….) puissent être accessibles au plus grand monde, y compris sur tous les nouveaux supports numériques de tous les opérateurs. Pour la CGT les partenariats passés entre opérateurs des Télécom et les groupes de presse, s’ils existent, devraient prendre la forme d’une aide réciproque et non de montage capitalistique. Dans tout les cas, le sauvetage du groupe Le Monde ne doit pas se faire sur le dos des salariés. Les repreneurs quels qu’ils soient doivent apporter des solutions pour développer les activités (presse papier et/ou numérique) et garantir l’emploi de tous les salariés du Monde, du nouvel observateur, de France Telecom et de toutes les catégories de personnels.

Ce n’est pas la crise pour tout le monde !!! Le comité de direction générale comprenant 9 personnes, dont le PDG, ont touché, au titre de l’exercice 2009 7.821.535€ (salaires brut, primes et avantages en natures y compris part variable, l’intéressement, la participation) l’abondement n’apparaît pas à la date de diffusion du document de référence). Pour comparaison, la somme s’élevait à 6.646.054 € pour 2008 et seulement 182.560€ en 2007. Les 9 de la DG détiennent aussi 1.371.350 options de souscriptions des plan 2005, 2006 et 2007 (stock options). En 2008 et 2009 FT n’en a pas mis en place. Au moment où le gouvernement annonce aux fonctionnaires que l’augmentation des salaires de 0,5% prévue en juillet 2010 serait annulée, le tout accompagné d’une augmentation des cotisations retraites, (sans parler du projet de réforme), on voit bien qu’on n’est pas tous dans le même bateau !!!!!!

En euros 2009 2008 2007 2006 Rémunération fixe D.Lombard 900 000 900 000 900 000 900 000 Rémunération variable 617100 749 250 592 988 464 738 Rémunération exceptionnelle 0 2 290 0 0 Jetons de présence 0 0 0 0 Avantage en nature 4307 3 885 3 885 3 382 Stock options 0 0 140 000 0 Conditions de départ 0 21 mois de salaire *La rémunération de D.Lombard est passée de 900 000 à 700 000 € le 24 mars, jour où il a laissé la place à Stéphane Richard en tant que DG. La rémunération fixe de S.Richard est de 900 000€ également, sa part variable est pour le premier semestre basée sur les mêmes critères que D.Lombard (80% financiers, chiffre d’affaire et cash flow, et 20% qualité de service).


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