lundi 9 mars 2009
Le Groupe France Télécom/Orange est une entreprise très profitable. Rien d’étonnant puisque l’obsession de nos dirigeants a consisté au fil des ans à rogner sur toutes les dépenses emplois, salaires, fonctionnement et investissement. La force de France Télécom, c’est d’être dans un secteur en pleine croissance et qui aujourd’hui touche à tout notre quotidien au travail comme en famille. Tant que le réseau cuivre bricolé et les technologies alternatives satellitaires tiendront, tant que les salariés/usagers/clients/contribuables/collectivités pourront ou accepteront de payer, le « cash » rentrera au « moindre coût ». Mais attention !
L’origine de la crise du système capitaliste est à l’image d’entreprises comme la notre qui axent leur stratégie sur la rémunération du capital au détriment de l’intérêt général, des besoins sociaux.
La crise dans l’automobile est à méditer. Les constructeurs ont recherché la baisse des coûts par des délocalisations, fragilisant le tissu social des pays solvables. Ils ont d’autre part reporté la recherche et les investissements pour des voitures propres où plus simplement pour des techniques de transports alternatifs. Ils sont aujourd’hui au pied du mur, le choix de la préservation du capital ayant primé. Les politiques gouvernementales successives ont posé tous les jalons permettant au capital d’en faire à sa guise : banque centrale, pacte de stabilité, concurrence à marche forcée, privatisations, casse et des régimes de protection sociale dont les retraites …
France Télécom gagnant de l’argent, l’urgence est à la R&D, l’emploi, le salaire et l’investissement industriel. La sortie de crise est à ce prix. C’est le seul moyen assurant aux salariés du secteur son avenir professionnel. A cet égard, le budget 2009 semble « petit bras » et mérite que l’on s’y attarde.
Les premiers signes de la crise se faisant sentir, la flexibilité sur les choix de gestion pour 2009 est contestable : 1/ La promesse de rémunération des actionnaires de 45% d’une somme d’argent nommée « Free cash flow organique » est suicidaire. Ces sommes confisquées doivent aller aux salaires, à l’emploi. 2/ L’investissement sera la première variable d’ajustement en cas d’objectifs non atteints. Ce comportement aura un impact sur les sous traitants, les équipementiers et sur le personnel technique FT/Orange déjà bien mutilé. 3/ Continuité de baisse d’effectifs annuels, conséquences de départs non remplacés. Inacceptable. L’annonce de 4500 apprentis en 2009 doit rapidement se concrétiser par des emplois stables, durables. Il faut maintenant le recrutement en CDI des emplois actuels et précaires. 4/La simplification du système d’information et de la gamme de notre offre commerciale doit dégager des économies en simplifiant le travail des commerciaux et des centres d’appels. Pour que cette bonne nouvelle soit complète, il y a exigence d’élargir et de maintenir des compétences sur ces métiers, l’externalisation devant être combattue avec force. 5/ Enfin, c’est élargir le potentiel de clientèle par des offres et produits très simplifiés. Pour cela, la complexité restera dans les services FT/Orange. Bonne idée à condition de se doter d’une R&D puissante et d’outils de mise en œuvre plus efficaces qu’aujourd’hui entre tous les services. C’est aussi exiger des équipes techniques compétentes, formées . 2009, 2010 et 2011 sont des années de défis pour les salariés. La poursuite ou la rupture. Nul doute que les salariés de FT/Orange ont compris l’urgence de s’exprimer ensemble par la grève et en manifestant le 19 mars en France.
Jean Michel GAVEAU Administrateur CGT