mardi 16 septembre 2008
Montreuil, le 16 septembre 2008 Forum-CGT
Les postières et les postiers demandent le maintien du service public, sa modernisation, l’amélioration de leurs droits et garanties Le 23 septembre, nous serons en grève pour l’exiger !
Renforcer l’unité de La Poste par le développement de la complémentarité de ses activités en tout lieu du territoire pour mieux répondre aux attentes de l’ensemble des usagers particuliers et professionnels ; par le développement des partenariats avec d’autres opérateurs publics dont des opérateurs postaux européens ; ce sont des propositions que porte la CGT pour maintenir et développer les missions du service public postal. Elles s’opposent à la stratégie de La Poste qui, depuis des années, au travers de la métiérisation et de multiples restructurations (CQC, Facteurs d’Avenir, Terrain, Enseigne, La Banque Postale, Coliposte …), ne cessent de séparer ses activités, avec comme conséquence la mise en concurrence des services. La séparation physique de la distribution et des guichets se traduit concrètement par une dégradation du service public et des conditions de travail pour les uns et pour les autres !
Ouvrir le capital, c’est privatiser. Devenir une SA, c’est privatiser La Poste ! Quel que soit le scénario, l’objectif serait de rémunérer des actionnaires. Dans une entreprise où la masse salariale représente plus de 70% du chiffre d’affaires, on voit vite qui va trinquer. N’oublions pas que le service universel courrier-colis est au service public ce que le RMI est au salaire ! Quant à l’aménagement du territoire, le service universel prévoit un point poste pour 10.000 habitants, puis 1 par tranche de 20.000. Chacun peut faire le compte. Et qui dit point poste ne veut pas dire bureau de poste ! Et puis n’oublions pas GDF : combien a t-il fallu de mois entre l’affirmation au maintien dans le public et son passage effectif dans le privé ? Et cela malgré le préambule de la constitution et les promesses de l’actuel président de la République !
Revaloriser les salaires avant tout ! L’actionnariat salarié est un leurre. C’est un outil du capital utilisé contre les salaires. En aucun cas c’est une réponse aux besoins d’augmentation des salaires. C’est un facteur d’individualisation de ceux-ci. Pour satisfaire les appétits boursiers, la marge opérationnelle doit à tout prix être augmentée : en clair cela passe par la réduction massive des effectifs, la diminution des coûts salariaux. Les postiers ont besoin de réelles augmentations de salaires qui seuls participent au financement de la sécurité sociale, des retraites. Les privatisations des entreprises publiques ont surtout permis à leur PDG de bénéficier d’une augmentation vertigineuse de leurs revenus. On comprend l’enthousiasme de Monsieur Bailly.
La privatisation conduit à l’immobilisme En effet, ses défenseurs la propose pour s’inscrire dans la continuité de la casse du service public et de la baisse des garanties des droits du personnel. Il s’agit de privilégier les fusions/acquisitions capitalistes dans le seul intérêt des actionnaires. La modernité est ailleurs, c’est de prioriser les besoins contemporains de toute la population dans le cadre d’un service public postal moderne et rénové. Si aucun statu quo n’est possible, aucun choix n’est fatal ! Quant au risque à prendre, il en est un pour le président : le risque démocratique ! Celui de répondre aux exigences revendicatives portées dans les luttes et rassemblements citoyens. Celui du débat public initié par la CGT et exigé par plus de 130 000 personnes. Alors oui au changement et à la démocratie !
Donner à La Poste les moyens de se développer J.P Bailly orchestre une campagne médiatique pour tenter de justifier la transformation de La Poste en société anonyme : il utilise pour cela l’argument de son endettement. Ce qu’il ne dit pas c’est que cet endettement est le résultat des charges indues que fait supporter l’Etat à La Poste : presse, continuité territoriale, accessibilité bancaire... Pour assurer le développement de La Poste le président ne trouve qu’une solution ringarde : celle d’ouvrir le capital, et de faire rentrer les rapaces de la finance dans la bergerie. Quand on sait que le seul objectif des investisseurs c’est de faire du fric, on ne peut qu’être inquiets quant à l’avenir de La Poste. A chaque fois leur exigence de forte rentabilité les conduit à exiger des directions de l’entreprise de supprimer les activités les moins rentables, de réduire en masse les emplois, de compresser la masse salariale et de développer la précarité. Les moyens existent pour assurer la rénovation et la modernisation du service public, notamment en utilisant les fonds collectés par La Poste, et en supprimant les ponctions qui pèsent injustement sur elles. Alors que La Poste a besoin de moyens pour se développer, l’Etat a opéré un prélèvement de 141 Millions d’€ de dividende, soit 15% du résultat de La Poste en 2007. En 2008, il est prévu un prélèvement de 20% et en 2009 de 25%. Si les résultats de La Poste se maintiennent, en trois ans l’Etat aura privé La Poste de 600 Millions d’€. A qui fera t-on croire que l’ouverture du capital serait faite pour favoriser le développement de La Poste ? A qui fera t-on croire que les acquisitions de sociétés en Europe et dans le Monde serviraient à développer les activités et l’emploi sur tout le territoire ?
Pour la CGT, ni privatisation, ni statu quo mais la modernisation. A l’inverse des ambitions de la Direction générale, La Poste pour se développer, au lieu de transformer des bureaux de poste en points poste ou en agences communales, doit maintenir et développer sa présence avec toutes les activités courrier – colis – guichet financier, sur tous les points du territoire et pas seulement les plus rentables. La Poste doit investir dans l’image et le rôle social de ses personnels au lieu d’opérer d’année en année des coupes sombres dans l’emploi. Les postiers doivent être reconnus dans leur travail avec des conditions de travail dignes de l’implication de chacun(e) par des créations d’emplois stables et bien rémunérés, avec l’augmentation des salaires et des pensions et la promotion pour tous. En fait, redonner l’envie et la motivation pour valoriser l’image du service public.
Répondre aux besoins des postiers concernant leur pouvoir d’achat et leurs conditions de travail est primordial, et ce quel que soit leur statut. Les droits et garanties de très hauts niveaux pour les postiers sont un baromètre dans l’état de santé social de l’entreprise. Quelle assurance du maintien des droits et garanties pour les 160 000 fonctionnaires de La Poste, alors que leur nombre diminue d’année en année, et que le statut se vide de son contenu ? Quelles garanties pour les plus de 120 000 salariés de droit privé alors qu’une convention collective est aussi en cours de négociation qui pourrait remplacer, à terme, la convention commune ? Il serait bien que l’actuelle direction de La Poste recrute des fonctionnaires par concours comme elle le peut légalement et réglementairement. C’est d’un emploi et d’un salaire pour vivre que nous avons besoin, et pas de saupoudrages… De jour en jour, les initiatives d’action unitaire se tissent dans les services bien sûr, mais bien au-delà par des actions engagées avec les usagers, la population. Incontestablement, la mobilisation grandit et s’enracine. La pétition initiée par la CGT début juillet a déjà recueilli plus de 130 000 signatures. Plus le temps passe et plus gouvernement et direction sont isolés. Alors oui, résolument offensifs et déterminés, on peut empêcher ce projet de privatisation de voir le jour et créer des conditions pour gagner un service public moderne et rénové comme le propose la CGT.
Rien ne justifie la privatisation de La Poste ! C’est aux revendications des populations et du personnel qu’il faut répondre ! TOUS ET TOUTES EN GREVE LE 23 SEPTEMBRE 2008