mercredi 9 décembre 2009
La CGT tient son 49ème Congrès à Nantes cette semaine. Si 45 905 salariés ont fait le choix de prendre une carte à la CGT cette année, si la CGT a renforcé son audience à l’occasion des élections prud’homales il y a tout juste un an, elle doit cependant repenser ses structures professionnelles et territoriales pour que les salariés puissent pousser la porte de la CGT, qu’ils y restent adhérents, qu’il puisse y avoir une vie syndicale riche, démocratique. Elle doit s’adapter pour être vraiment le syndicat de tous les salariés. Ce questionnement vaut pour toute la CGT et notamment l’UGICT-CGT. Il n’y a en effet aucune fatalité à la faible syndicalisation dans notre pays, pas plus qu’il n’y a d’obstacle insurmontable à la syndicalisation des cadres, ingénieurs et techniciens. Il y a encore moins de « syndicat naturel » pour les cadres. Les enquêtes et sondages montrent à la fois la prise de distance, pour ne pas dire le divorce, entre les discours managériaux et les salariés en responsabilités. De même, les questions de salaires, de pouvoir d’achat, de reconnaissance des qualifications sont au centre des préoccupations. Tandis que tout dans la gouvernance des entreprises pousse à l’isolement des salariés, à leur mise en concurrence permanente, le syndicalisme doit permettre de questionner les finalités du travail, de remettre en question un management qui régit, non seulement l’organisation du travail, le fonctionnement de l’entreprise, mais aussi sa stratégie. C’est à ce management au service de la financiarisation, à l’origine et moteur de la crise que l’UGICT-CGT s’attaque. Elle ne pourra le faire qu’en étant, comme toute la CGT, mieux implantée, plus présente dans les entreprises, forte de plus de syndiqués et notamment de jeunes.
Dans le cadre du projet de privatisation de La Poste, un amendement serait proposé, sur l’initiative du Syndicat des Opérateurs Postaux, ébranlant le Code du Travail. Actuellement, l’activité principale de l’entreprise du salarié détermine la convention collective du salarié. L’amendement propose qu’un salarié employé, même partiellement dans des services postaux, dépendrait pour sa rémunération et sa classification de la convention collective postale, en cours de négociations, et pour le reste, d’une combinaison des conventions collectives concernées. Ce serait un précédent, dont le patronat pourrait se servir pour utiliser au rabais les salariés. La CGT a interpellé le gouvernement et les députés qui vont examiner le projet de loi.
Les luttes locales, les journées de mobilisation comme celle du 24 novembre, contribuent à faire respecter les droits individuels et collectifs. Les choix des dirigeants de La Poste, et du gouvernement de vouloir privatiser La Poste sont à combattre quotidiennement. Tous concourent à dégrader, à remettre en cause tous les droits. La Poste a publié le bilan éloquent des commissions de discipline pour 2008 : 4.632 commissions de discipline et 1.030 suppressions de postes. La Poste rappelle en permanence les exigences de probité et de sûreté en oubliant de préciser le lien entre suppressions d’emplois et dysfonctionnements. S’opposer aux décisions de La Poste, contre la privatisation, défendre tous les postiers est la meilleure façon de changer la vie au travail.
L’accord seniors présente un certain nombre d’avancées, surtout lorsque l’on regarde le projet initial. Tout d’abord la moitié du temps libéré, au minimum, sera comblé par des recrutements externes. On est loin du CFC sans emploi à la clé ! Le volontariat des salariés est réaffirmé, nul ne pourra être poussé à partir de l’entreprise. Une Commission de Médiation Locale sera mise en place, à la demande d’un syndicat signataire, pour toutes difficultés rencontrées par un salarié, c’est une garantie contre le « gré à gré » aléatoire. Les cadres, entrant dans un Temps Partiel Senior, conservent le bénéfice des augmentations de SGB et de bonus variables sur la base de la moyenne de l’établissement et de leur grade !
Une femme médecin du travail de France Télécom a démissionné de ses fonctions le 10 novembre dernier. Elle déplore, dans une lettre adressée à sa direction, que durant ses deux années d’exercice, elle n’a pu faire que le constat d’une adaptation forcée de l’homme au travail, suite à des fermetures de services, des suppressions de postes de travail, des mutations fonctionnelles ou géographiques imposées. Les demandes de reclassement ou d’aménagement de poste de travail qu’elle a pu faire étant souvent restées sans réponse écrite et motivée. Une dizaine des quelques 70 médecins de l’entreprise ont déjà démissionné. Signe du malaise grandissant qui touche les praticiens, alors que France Télécom avoue 32 suicides en 2 ans.
« Ce plan est chiffré de 90 à 100 millions d’€uros par an jusqu’en 2012, soit globalement l’équivalent de mille emplois non renouvelés », a précisé l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris, qui compte quatre-vingt-dix mille salariés. L’intersyndicale (Usap-CGT, CFDT, CFTC, FO, SNCH, Sud-Santé) de l’AP-HP a réagi dans un communiqué alertant « la population, les élus et les décideurs sur le risque majeur de dégradation de l’offre publique de soins… Sous couvert d’une politique d’amélioration de la prise en charge des patients, l’AP-HP dissimule des plans sociaux successifs s’élevant à 6 000 emplois à ce jour » auxquels s’ajouteront les 3500 à venir avec ce nouveau plan.
Quelques huit cents salariés se sont rassemblés, jeudi 19 novembre, devant le siège du groupe pharmaceutique GlaxoSmithKline à Marly-le-Roi, dans les Yvelines, pour contester des suppressions de postes face aux forts bénéfices de l’entreprise, induits notamment par la grippe H1N1. Le laboratoire britannique a annoncé, à la fin octobre, la suppression de 434 emplois en France, essentiellement de visiteurs médicaux, qui s’ajouteront aux quelques 750 déjà annoncés en début d’année. Des suppressions injustifiées, car l’entreprise va dégager encore plus de bénéfices que prévu avec sa production de vaccins contre la grippe et du Relenza (traitement). GSK a annoncé, le 28 octobre, une hausse de 30% de son bénéfice net au troisième trimestre.
La Commission des lois de l’Assemblée nationale avait adopté en mars 2009 à l’unanimité, majorité et opposition réunies, une proposition de loi prévoyant le passage obligé par la loi pour toute création de fichiers de police. Entre temps, contrairement à ce qu’il avait annoncé au plus fort de la mobilisation citoyenne, le gouvernement a choisi d’éviter le débat parlementaire en créant le 18 octobre 2009, par décret deux fichiers en remplacement du défunt « EDVIGE 1.0 », retiré par le gouvernement en novembre 2008 suite à la mobilisation citoyenne. La création de fichiers sera rendue possible par simples arrêtés gouvernementaux. Voilà qui confirme la volonté d’enterrer définitivement la promesse de faire passer par la loi tout nouveau fichier de police
Un représentant du Conseil de Paris a été autorisé à rendre visite à Salah dans sa prison. Il l’a trouvé plus déterminé que jamais, à se battre pour sa propre libération anticipée et pour celle du peuple palestinien, qui est le sien par son père. D’ailleurs, il ne dit jamais « je », mais « nous ». « Il nous a beaucoup parlé de la situation des mineurs détenus, dans des conditions déplorables qui ne respectent pas la Convention internationale des droits de l’enfant. Il fait bien la différence entre les autorités et le peuple, ceux qui se mobilisent et espère la poursuite et l’amplification de la mobilisation. Il a conscience que c’est à cause d’elle que Sarkozy a commencé à bouger ». Pour reprendre les propos de Salah : « votre soutien peut nous libérer ».
Un sondage, réalisé par TNS Sofres pour Les Échos, montre qu’une cassure s’est produite entre les salariés français et leurs employeurs. Le phénomène est général, tant dans le privé que dans le public, pour les cadres et non-cadres : près de 6 salariés sur 10 n’ont pas confiance dans leurs dirigeants. Seules 39% des personnes interrogées jugent que, chez leur employeur, « les intérêts des dirigeants et des salariés vont dans le même sens ». Si les salariés sont inquiets et mécontents de leur salaire et du manque de reconnaissance, ils sont 46% à évoquer la grève comme moyen de se faire entendre avec 45% d’entre eux qui font confiance aux syndicats pour les y aider.
Être cadre aujourd’hui consisterait de plus en plus à être le porteur, voire le garant de l’idéologie patronale. Nous devrions nous sentir responsables de la mise en œuvre des directives imposées. Nous sommes supposés laisser au vestiaire nos convictions profondes, notre liberté de pensée et d’opinion, nos droits citoyens les plus fondamentaux. Au nom de quelle éthique ? Pour la Cgt des Ingénieurs, Cadre et Techniciens (UGICT) il est urgent de mettre en place un véritable débat sur les objectifs et sur les organisations de travail : sur ses finalités. Elle fait des propositions alternatives à travers « une charte pour le management » que vous trouverez sur son site Internet www/ugict.cgt.fr.
25 responsables syndicaux de 5 pays (Sénégal, Bénin, Burkina Faso, Mauritanie et France (CGT)) en charge des travailleur-se-s migrant-e-s, se sont réunis à Dakar le 17 novembre 2009 pour débattre des politiques migratoires et échanger leurs expériences dans la défense des droits des migrants. Ils ont marqué un vif intérêt pour la lutte des travailleur-se-s sans papiers en grève en France, surexploités parce que sans droits. Ils ont salué leurs combats en faveur de la dignité et de la justice. Interpellant leurs gouvernements respectifs, ils ont réclamés que des pressions soient exercées vis-à-vis du gouvernement français pour que les revendications des travailleur-se-s sans papiers soient rapidement satisfaites.
Annoncée à grand renfort de communication, la parité nouvelle s’installait dans les entreprises, Laurence Parisot l’avait juré. Deux ans après, le bilan est plus que maigre. Son inertie ne coûtant rien, le patronat traîne les pieds. Il a aussi surtout besoin d’avoir un marché du travail à plusieurs vitesses. N’offrir aux femmes que des carrières et des salaires médiocres, c’est une manière de s’offrir les qualifications au prix le plus bas. Les écarts de rémunération sont légions et atteignent 27%. Depuis quatre ans une femme incarne ce patronat qui n’a pas fait reculer la précarité, le harcèlement, la discrimination, les inégalités. Sur cette question, il faut arrêter de jouer petit bras.