mardi 15 septembre 2009
Les salariés doivent reprendre la main !
Il y a un an, éclatait une crise dont tout a montré qu’elle ne resterait pas cantonnée à la seule sphère financière car elle n’est pas autre chose que celle du système capitaliste. Depuis lors, ce sont les salariés et les populations qui en paient le prix. Elle sert de prétexte à une restructuration du paysage industriel sans reprise d’activité, sans rechercher de nouveaux gisements de croissance pour satisfaire des besoins nouveaux avec la création d’emplois qualifiés. Or la question de l’emploi, chaque salarié se la pose pour lui-même et pour le pays. Le Medef lui, de manière caricaturale, passe l’emploi sous silence. Il déclare qu’il est « un espace anti-préjugés. […] Nous sommes capables de poser toutes les questions : l’éthique, le capitalisme, le profit et l’absence de profit, la crise, la reprise, (...), la liberté ». L’emploi, grand absent des travaux du patronat alors que tout le monde prophétise une amplification des suppressions d’emplois ! Face au tsunami social de la crise, la réaction unitaire des organisations syndicales a été l’événement social marquant de cette dernière année. Pour la CGT, les salariés ont toutes les raisons de se mobiliser de nouveau en cette rentrée pour exiger de vraies réponses du gouvernement après les grandes mobilisations du premier semestre. Elle propose de faire du 7 octobre la prochaine journée de mobilisation unitaire interprofessionnelle. Cette date, coordonnée par la Confédération Syndicale Internationale, a été retenue pour que s’expriment sur l’ensemble des continents les exigences sociales sur l’emploi et les salaires. « Ceux qui prophétisent la fin de l’unité syndicale ou l’atonie du mouvement social en cette rentrée (…) se trompent », a insisté Bernard Thibault.
Tous ensemble le 22 septembre
Ce que nous vivons, à travers les réorganisations qui déstabilisent l’entreprise, n’est qu’un avant goût de ce qui se produirait si le projet de privatisation voyait le jour. Toutes les privatisations se sont traduites par de profonds changements des équipes dirigeantes et de la ligne hiérarchique pour importer les règles du privé et abandonner toute référence au Service Public. La « règle » qui exigerait que le cadre adhère sans restrictions à la stratégie de l’entreprise est contraire à l’éthique professionnelle et à la liberté de pensée individuelle. La richesse naît de la diversité, de la contradiction et de la confrontation d’idées. C’est une question d’avenir et c’est aussi dans ce sens que nous serons tous ensemble, dans l’action le 22.
Devenir Acteur de sa Fin d’Activité
La Poste a annoncé un nouveau dispositif de départ anticipé appelé DAFA, celui-ci est des plus discriminatoires, puisque chaque métier définira ses conditions et son calendrier. Sachant que c’est une aspiration des postiers de partir en retraite, nous avons d’autres exigences : un départ pour une embauche, 50 points attribués 6 mois avant le départ à la retraite et la promotion en N+1 au moment de l’entrée dans le dispositif, que l’ensemble des éléments de la rémunération variable soit inclus dans le salaire, que La Poste prenne en charge la surcotisation retraite et que l’allocation de fin de carrière corresponde à 30% de salaire annuel brut manquant sur les 3 ou 4 années et que celle-ci soit versée dès le début du dispositif.
FT recule enfin … mais trop peu !
La mobilisation des salariés de France Télécom le 10 septembre lors de la réunion du CNHSCT a porté quelques fruits. D’entrée de jeu la direction a suspendu les mobilités dues aux restructurations jusqu’au 31 octobre. La négociation sur le stress, déclinaison de l’accord interprofessionnel, va commencer le 18 septembre, la surcharge de travail des cadres est prise en compte par le recrutement de postes de RH de proximité pour les soutenir, le découragement des médecins du travail est pris en compte avec une augmentation des moyens et des recrutements, un budget de 5 millions d’€uros est consacré aux négociations locales sur les réorganisations. Pour la CGT, c’est trop peu, car c’est bien l’arrêt des restructurations qui est exigé avec la possibilité d’un recours suspensif des Comités d’Établissements ;
Fusion à risque Alors que la France va avoir une quatrième licence mobile, la Grande Bretagne fait machine arrière avec la fusion de T-mobile et Orange UK. Les objectifs annoncés sont de rationaliser les coûts et reverser 90% du cash flow aux actionnaires. Une fois de plus, l’emploi est dans le collimateur alors qu’un véritable réseau commercial de proximité et de service après vente font défaut en Grande Bretagne. Quant aux consommateurs, l’idée développée qu’ils seraient gagnants, est une supercherie puisque l’objectif premier est de remonter prioritairement le revenu par abonné. La CGT alerte donc sur une opération avant tout financière dont les salariés, comme les usagers, risquent de faire les frais. Une nouvelle fois est posée, la stratégie de France Télécom à l’international.
Toujours plus de chômeurs !
Après la fausse accalmie du mois de juin, les chiffres du chômage repartent à la hausse avec 10 700 demandeurs d’emploi supplémentaires en juillet. Officiellement, 2 535 000 demandeurs d’emploi sont recensés à Pôle Emploi, mais les chômeurs en CRP, CTP, DRE, Activité réduites, etc.…ne sont pas pris en compte dans ce calcul. Sur le terrain, les plans sociaux se multiplient, le nombre de licenciements économiques a augmenté de plus de 60% en un an. Trop d’entreprises profitent de la crise pour se restructurer à bon compte. C’est pourquoi la Cgt revendique des droits nouveaux d’intervention des salariés dans la gestion des entreprises, comme la possibilité d’un droit suspensif des plans de suppressions d’emplois.
L’arnaque !
La mise en place par le gouvernement de la prime de 500 €uros pour les jeunes ayant travaillé entre deux et quatre mois et à condition que leur contrat de travail ait été rompu après le 1er avril 2009 (décret d’application)… se transforme en véritable fiasco. Une sorte de coquille vide. Après presque six mois d’existence, très peu de jeunes ont bénéficié de cette prime. Le gouvernement est même incapable d’avancer le moindre chiffre pour évaluer l’impact de cette mesure. Alors que la situation du chômage des jeunes est appelée à s’empirer à la rentrée avec l’arrivée de 650 000 jeunes sur le marché du travail, la CGT considère qu’il est urgent de mettre en place des mesures autrement plus efficaces que celles-ci.
Une taxe injuste et inefficace
La taxe carbone sera donc de 17 €uros la tonne, ce qui va aboutir à ponctionner le pouvoir d’achat des salariés les plus modestes et qui ont besoin de leur véhicule pour aller travailler. La compensation annoncée ne doit pas faire illusion, elle sera la même quelque soient les revenus ! L’injustice fiscale et sociale continue de plus belle ! Pour les entreprises, il est annoncé des exonérations pour certaines et les plus polluantes ne sont pas concernées ! Après la suppression de la taxe professionnelle, le cadeau est apprécié au Medef. L’urgence écologique ne peut se résoudre qu’avec des mesures concrètes d’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments et le développement massif des transports en commun. Cet impôt en est loin !
NON au Travailler plus
Une fois de plus, les Français réaffirment leur opposition à rallonger le nombre d’années de vie active et veulent de nouveaux droits pour leur retraite. Le sondage de l’institut Obea France de septembre pour 20 Minutes et France Info relève que 63% des Français refusent de travailler plus longtemps. Que ce soit sur l’âge de départ, le montant des pensions ou la durée de cotisation, les personnes interrogées rejettent les hypothèses de travail avancées par le gouvernement pour réformer le système de retraites. Cette enquête révèle aussi que 81% des personnes interrogées réclament un référendum pour faire face à cette situation d’urgence, ce qui témoigne d’un besoin de démocratie sur un sujet éminemment structurant pour l’avenir de notre société.
Trop c’est trop !
La CSI dénonce et condamne énergiquement l’assassinat d’un syndicaliste colombien qui s’est produit le 22 août 2009 dans la ville de Valledupar et qui endeuille une fois de plus la classe ouvrière et le mouvement syndical national et international. Dans une lettre adressée aux autorités colombiennes, la CSI demande de prendre de toute urgence les mesures nécessaires pour que les enquêtes soient immédiatement diligentées, pour élucider les faits et châtier de manière exemplaire les responsables de ce lâche assassinat. « Il est nécessaire de construire en Colombie une démocratie véritable qui protège ses syndicalistes, ainsi que ses travailleurs et travailleuses », a déclaré Guy Ryder, Secrétaire général de la CSI.
Délinquance fiscale
Le gouvernement annonce détenir 3 000 noms de contribuables possesseurs de comptes en Suisse non déclarés au Fisc. Dans ce contexte de crise économique et alors que nombre de salariés s’engagent dans les luttes portant, notamment sur l’emploi et les salaires, cette annonce illustre l’embarras du gouvernement, mais sans véritable ambition de lutte contre la fraude fiscale. La CGT exige de véritables sanctions pour punir ces fraudeurs, la levée totale du secret bancaire, la lutte contre tous les paradis fiscaux, une harmonisation fiscale européenne, la taxation des mouvements spéculatifs de capitaux, l’arrêt immédiat des suppressions d’emplois et l’octroi de moyens humains et matériels pour un contrôle fiscal efficace.
Les malades paieront !
Pour supprimer un déficit, il y a deux leviers d’action : augmenter les recettes ou diminuer les dépenses. Pour la Sécu, et le gouvernement ultralibéral, augmenter les recettes ne fait pas partie du vocabulaire. Il préfère culpabiliser les particuliers. Leur dernière idée est d’augmenter le forfait hospitalier de 4 €uros soit une hausse de +25% et de passer de 35% à 15% le remboursement de médicaments à « prescription médicale facultative ». Le gouvernement écarte donc toujours une réforme du financement de la Sécurité sociale qui permettrait de couvrir les besoins sanitaires et sociaux. Ces deux mesures feraient peser sur les assurés, notamment sur les plus modestes, une nouvelle menace quant à l’accès aux soins.
Jugement de classe Le Tribunal correctionnel de Compiègne vient de condamner six salariés de l’usine Continental de Clairoix à des peines allant de trois à cinq mois de prison avec sursis dans le cadre des poursuites pour le « saccage » de la sous-préfecture de Compiègne. Ce jugement illustre le caractère profondément injuste et déséquilibré du cadre légal actuel quant au maintien et au développement de l’Emploi et des entreprises. D’un côté on criminalise ceux qui luttent face aux décisions unilatérales des actionnaires, de l’autre, on fait preuve d’indulgence voire de connivence avec les dirigeants et les banquiers qui imposent leurs décisions stratégiques sacrifiant les entreprises et l’Emploi. Stop à la criminalisation des syndicalistes.