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FT rehumaniser le travail en Urgence

lundi 28 septembre 2009

• Conditions de travail

Tract agence Distribution

La CGT a rencontré Pascal Alexandre, patron de DVD*, le 11 Septembre. Cette rencontre a été l’occasion d’aborder les thèmes d’actualité sur les AD, l’emploi, la nouvelle PVV, la prévention des risques psycho sociaux, l’avenir du réseau de distribution et le maintien des petites boutiques. Dans un contexte ou le mal être des salariés de France Télécom fait l’actualité, les réponses apportées par Mr Alexandre nous semblent en réel décalage. Les salariés des AD sont choqués par les drames intervenus au sein de FT, nous sommes concernés par le stress et la souffrance au travail et également en première ligne face aux clients qui sans cesse nous interpellent sur ce qui se passe dans notre entreprise. Mais quel est la préoccupation de DVD aujourd’hui ? Le nombre de placement / jour par vendeur, la remise en place des PIC (performance individuel comparé), le « bienfait » des PAI (plan d’accompagnement individuel) qui est en fait un outil de pression individuel, la PVV, la réduction des fonctions supports, la mise en place d’une structure nationale de tableau de service, etc … Mr Barberot, DRH groupe, lorsqu’il s’est exprimé vers les salariés a déclaré « Le troisième point auquel nous allons nous attacher, c’est de dépasser l’indicateur de performance proprement dit (….) On va faire en sorte que chacun puisse à nouveau faire les choses du mieux possible. Nous avons entendu que nos indicateurs nous enferment, qu’il n’y a pas suffisamment de marge de manœuvre donc on va essayer de redonner des marges de manœuvre ». Il a déclaré également vouloir remettre du « collectif dans le quotidien », c’est ce que demande la CGT depuis des années. Mais force de constater que ce discours n’est semble t-il pas arrivé jusqu’à la direction de DVD qui continue sa gestion des individus par tableau Excel et s’acharne comme le démontre la mise en place de la nouvelle PVV à développer l’individualisation. Pour améliorer le quotidien dans les boutiques la CGT sera force de propositions dans les négociations en cours sur le stress. Nous ferons en sorte que les discours de nos dirigeants ne restent pas aux stades des bonnes intentions. Pour que les choses changent réellement dans les AD il ne faut pas relâcher la pression Le 7 octobre dans l’action listons ensemble dans chaque AD nos revendications pour ré humaniser le travail Le 22 octobre dans les urnes donnons nous des élus CGT qui porterons vos exigences, vos luttes jusqu’au conseil d’administration. *DVD : Directeur des Ventes Distribution

Horaires, nouvelles contraintes à venir….

La direction a décidé de mettre en place une structure nationale chargée d’établir pour toutes les boutiques des tableaux de service type. Des cellules locales de supervision type 3P seront chargées de la gestion des absences. Ce service sera opérationnel avant la fin de l’année, et les tableaux de service type arriveront dans les boutiques avant la fin de l’année. Cette cellule aura pour objectif de mieux « ajuster les effectifs aux flux », grand cheval de bataille pour la direction. Sans nous expliquer qu’elles seront les grandes évolutions sur les horaires, la direction prépare déjà le terrain. 24 % des flux marchands pour le Samedi, 16 % pour le Mercredi et 13 % le Lundi. Comprenez, il n’y a pas assez de monde le Samedi et le Mercredi et trop le Lundi. Si on croise cette information avec la diminution des CDITP qui travaillent principalement le Samedi il semble évident que les contraintes du travail du samedi vont s’accroître. De plus le transfert de responsabilité vers le national sur la mise en place des horaires va encore enlever des marges de manœuvre et de l’autonomie au management local. En effet, vu de Paris les contraintes de mère ou père de famille seront encore moins prise en compte. A l’heure où s’ouvre une négociation sur la conciliation vie professionnelle vie privée, la CGT n’acceptera pas un durcissement des contraintes en terme d’horaire. Les tableaux de service doivent se négocier localement avec les agents en prenant compte des contraintes de chacun. C’est un des items obligatoire au label égalité professionnelle auquel France Télécom postule. Enfin la CGT réaffirme ses revendications en terme d’horaire : Prise en compte des contraintes personnelles de chacun dans les tableaux de service, Respect des horaires HAC, donc retour à la semaine en 4 jours pour ceux qui le souhaitent, Pas plus de 1 Samedi sur 2 de travail obligatoire, Paiement de toutes les heures supplémentaires effectuées.

L’avenir du réseau de distribution … La CGT défend depuis toujours un réseau de distribution au plus près des usagers qui couvre l’ensemble du territoire. Partout des boutiques ont encore fermé cette année et d’autres projets sont en cours. Nous avons interpellé la direction sur ce point et sur l’impact du projet d’unification du réseau ( Mobistore , boutique FT , Photo station , photo service sous la même signalétique Orange). La direction a tenté de nous rassurer sur ce point en nous expliquant que le réseau unifié n’était aujourd’hui qu’au stade expérimental et qu’il n’aurait pas d’impact sur notre réseau de distribution. Nous sommes évidemment très septiques sur ce point, une réflexion sur les phénomènes de cannibalisation (proximité de point vente exclusif Orange) est en cours. Pour la CGT certains points de vente ont déjà été fermés pour ces raisons. Mais l’impact le plus important se fait sentir sur nos collègues des boutiques Photo station et photo service. Depuis sa prise de participation dans ce réseau (France Télécom en possède 48,5 %) 200 boutiques ont été fermées et 1500 emplois détruits. Le 23 septembre ils étaient en grève, pour sauvegarder leurs acquis, semaine en 4 jours, 13ème mois, leurs emplois... Ils accusent France Télécom d’être co-responsable de la situation.

Point sur la nouvelle PVV, toujours plus discriminante, et outil d’évaluation …. Un premier bilan sur les résultats de la mise en place de la nouvelle PVV nous a été fourni. La moyenne nationale est de 330 euros par vendeur, ce qui est légèrement supérieur à la moyenne de 2008. Près de 20 % des vendeurs touchent moins de 50 euros quand près de 50 vendeurs touchent plus de 1500 euros. Comme prévu les écarts de rémunération augmentent ce qui évidemment créé des distorsions dans les équipes. Mais le principal gagnant avec la mise en place de nouvel outil de management est France Télécom. Depuis sa mise en place, le nombre de ventes est passé de 5,2 à 7 par jours, soit une hausse de la productivité de plus de 30 % !! Cette hausse de la productivité impacte évidement l’emploi et dégrade les conditions de travail. Mais cela ne suffit pas encore, l’objectif étant de 8 clients transformés/jours. On voit bien que ce nouveau dispositif est avant tout un outil d’évaluation des vendeurs , les « moins performants » qui sont souvent ceux qui passent le plus de temps à faire du SAV ou des réclamations et non à se « balader dans les galeries marchandes » comme il nous a été indiqué ont le droit à la double sanction , pas de PVV et le PAI . Christophe Dejours, psychiatre et spécialiste des problématiques de santé au travail décrit parfaitement ce phénomène qui avec cette nouvelle PVV arrive à son paroxysme : « L’élément principal dans les transformations de l’organisation, c’est l’introduction des méthodes d’évaluation individualisées, fondées prétendument sur des bases scientifiques, qui passeraient par une mesure quantitative et objective des performances. Ces méthodes mettent en concurrence les individus entre eux. Si, à l’évaluation, vous ajoutez des sanctions, ne serait-ce qu’une prime, en quelques temps, les gens commencent à avoir des conduites qui cassent le vivre ensemble : concurrence déloyale, coups bas, tuyaux pourris, dénonciation du voisin. Si, en plus, vous faites peser la menace sur l’emploi, en disant qu’en fonction de l’évaluation, à la prochaine charrette de licenciements, les moins bien notés partiront, là, c’est sans pitié. L’évaluation individualisée monte les gens les uns contre les autres, elle ne fait pas l’émulation. C’est en réalité un management par la menace. Du coup, les gens ont peur, la méfiance fait son entrée, la déloyauté remplace la loyauté… Le monde du travail est déstructuré en profondeur. En plus, cette méthode est fausse : on ne peut pas évaluer objectivement, quantitativement, le travail. » Pour la CGT il est donc urgent de réfléchir à un mode de rémunération plus juste et sans condition de réalisation d’objectif, comme la rémunération au premier placement par exemple. Car le fait d’être contraint professionnellement et financièrement à la réalisation d’objectifs de plus en plus élevés, même pour ceux qui les réalisent et dépassent régulièrement, vous mettent sous pression permanente. Il n’y a pas de pression positive dans le travail, au fil du temps, même pour les meilleur(e)s, elle vous use, vous fatigue et dégrade vos conditions de vie et de travail. L’autre élément mais qui est lié également est le rapport que l’on entretient avec nos clients. Sous la pression de la PVV de plus en plus de « méthodes de ventes » imposées et douteuses se développent, le packaging est la plus répandue. Ce phénomène n’est pas nouveau mais s’accentue. Les vendeurs ne peuvent être tenus responsables de ces agissements car c’est sous la contrainte de réalisation des objectifs et parfois sur injonctions du management que se développent de telles dérives C’est pourquoi la CGT propose : D’amplifier la mobilisation tous ensemble pour obtenir un vrai salaire qui prenne en compte notre qualification, nos diplômes et la complexité, la pénibilité de notre travail. L’ouverture de négociations pour repositionner tout le monde à partir de la classification II3 ou niveau D pour les vendeurs.

Un petit mot pour les managers…

Louis-Pierre Wenes déclarait au sujet des cadres de France Télécom « un cadre ça se soumet ou se démet ». On a pu mesurer depuis des années les impacts désastreux de ce « leitmotiv » qui a guidé le management des cadres à France Télécom et en particulier dans les AD. Entre le marteau et l’enclume, telle est la position du manager de boutique depuis des années. Coincé entre les injonctions de la hiérarchie et les difficultés rencontrées sur le terrain et sans cesse encore plus privés des moyens nécessaires pour accomplir leur mission. Des effectifs insuffisants qui compliquent les bonnes tenues des boutiques, des vendeurs fatigués qu’il faut quand même réussir à motiver un coup à la carotte (PVV), un coup au bâton (PAI). Depuis des années on ne donne plus au manager les moyens de donner du sens au travail en équipe si ce n’est par l’infantilisation ( challenge ). Aujourd’hui, on va vous demander de « détecter les signaux faibles », les signes de stress tout en maintenant vos objectifs de performances. Peut être on vous culpabilisera s’il arrive malheur dans votre équipe, et on vous reprochera également de ne pas réaliser vos objectifs. Ce sera une contradiction de plus à gérer. On ne peut être en même temps celui qui punit et celui qui protège. Pour la CGT cela est inacceptable, en effet le rôle du manager est essentiel au bon vivre dans une équipe ; mais on ne peut pas être manager, formateur, RH, comptable, gestionnaire de stock …. Et tous ça à la fois. Dans les boutiques les organisations du travail doivent être repensées et les managers sont les plus à même d’être force de propositions pour l’amélioration des conditions de vie et de travail. Pour cela il faut redonner de l’autonomie aux managers au lieu d’ en enlever chaque jour un peu plus, arrêter les pressions parfois très limites de certains responsables de secteurs, redonner le droit à la parole même si elle est contradictoire au manager dans les réunions de secteurs et dans l‘entreprise en général. Enfin il faut leur donner les moyens en effectifs d’accomplir leur mission. C’est dans ce sens que la CGT agit pour la défense et le renforcement du rôle du manager dans les prises de décision. N’hésitez pas à interpeller les élus CGT lorsqu’ils passent dans les boutiques pour échanger sur ces thèmes. La CGT fait des propositions pour un management alternatif (voir internet site ugict.cgt.fr)

Une politique ambitieuse sur l’emploi est nécessaire et urgente…

Sur cette question la direction joue la langue de bois. M Alexandre ne nous a pas fourni d’éléments chiffrés sur l’évolution de l’emploi. On a indiqué qu’il n’y avait pas eu de baisse d’effectif, mais une baisse de la précarité. FT a diminué le nombre de CDD et de CDI TP sans les remplacer par des titulaires. C’est donc bien à l’emploi que la direction s’est attaquée dans les AD. De plus, de nombreux titulaires ont quitté les AD sans être remplacés. Aujourd’hui la situation est critique dans de nombreuses boutiques et les collègues tirent la langue. FT affirme chercher à recruter en interne mais on sait que compte tenu des conditions de travail très dégradées en agence il n’y a plus de volontaires. L’autre question sur l’emploi concerne les fonctions supports. Ces emplois sont indispensables (merch, formateur, RH, finance …) au bon fonctionnement des agences. Elles font les frais depuis des années de la politique de destructions des emplois et des qualifications. Ces métiers qui sont déjà sous dimensionnés en terme d’effectif vont connaître de nouvelles restrictions et augmentations de la charge de travail. Les merch vont être réduits (des postes à Orange Distribution seront proposés), pour la direction les Gestionnaires Espaces Ventes et les gestionnaires espaces services n’existent plus. Les formateurs verront leur charge de travail augmenter (prise en charge des réseaux partenaires) sans effectif supplémentaire, or sur le terrain les formateurs partant ne sont plus remplacés. Pour redonner de l’autonomie aux manager il faut des Gestionnaires Espaces Ventes et des adjoints pour les décharger de certains travaux. Il faut plus de formateurs et revenir à des formations physiques, toutes les études démontrent que l‘interactivité des formations en physique permet une meilleure assimilation du contenu des formations. Les merchs font preuve chaque jour de leur utilité et sont déjà en sous effectif Pour un meilleur fonctionnement des boutiques et assurer une prise en charge des activités de back office, il faut des supports et des collègues chargés des activités de back office.

La CGT exige : Des recrutements externes de vendeurs, les CDD, apprentis, contrat de qualification, certains CDITP qui souhaitent passer en temps plein sont des collègues qui démontrent chaque jour qu’ils ont leur place en CDI dans notre entreprise. Le renforcement des équipes de support (merch, RH de proximité, soutien …) et maintien des métiers liés au back-office (GEV, GES) Un adjoint par boutiques et deux dans les boutiques de grande taille afin d’aider au mieux les managers et partager la charge de travail.

Le 7 octobre, 6 organisations syndicales appellent à l’action pour imposer un travail décent dans toutes les entreprises, la CGT place les négociations qui s’ouvrent sur le stress au travail, sous la conduite des salariés. Elle appelle à investir ces négociations en déposant partout des préavis locaux ou figurent tous les changements réels souhaités par les salariés.

Montreuil, le lundi 28 septembre 2009

Fédération nationale des salariés du secteur des activités postales et de télécommunications CGT 263, rue de Paris - Case 545 - 93515 Montreuil Cedex - Tél. : 01 48 18 54 00 - Fax : 01 48 59 25 22 - C.C.P. Paris 20376 D http://www.cgt-fapt.fr - e-mail : fede@cgt-fapt.


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