jeudi 6 octobre 2011
Nous sommes à nouveau convoqués à une CES dans des délais rapides et à échéance courte.
Une fois de plus, vous n’allez nous informer que des décisions prises. Nous ne concevons pas notre rôle comme ça. C’est pourquoi nous demandons une véritable instance de groupe avec de véritables pouvoirs d’intervention pour les représentants du personnel.
Cette CES a pour ordre du jour le développement de la Banque Postale, celui du 26 août était sur sa recapitalisation. Les conséquences de la crise économique continuent d’agiter le milieu bancaire et La Banque Postale n’est pas épargnée.
Le sujet du jour est donc DEXIA, car si cette banque n’est pas citée, nous savons entendre l’agitation médiatique.
Dexia est bien la caricature des dégâts que peut entrainer la course vers toujours plus de rentabilité financière où toutes les méthodes sont bonnes, y compris les plus déloyales qui consistaient à octroyer des « crédits toxiques » aux collectivités et où les citoyens en font les frais.
Lors du Conseil d’Administration du 20 janvier, alors que l’on apprenait par la presse que La Poste faisait l’acquisition de près de 3 milliards d’euros d’obligations de Dexia, les élus présentés par la CGT faisaient part de leur très grande inquiétude pour la suite étant donné la situation financière de cet établissement qui avait déjà été renfloué en 2008 de 6,4 milliards par les états français et belge.
Nous rappelions également que Dexia était montrée du doigt pour avoir investi 6.6 milliards d’euros dans des entreprises impliquées dans des violations des droits de l’homme et qui finance via sa filiale israélienne, des colonies israéliennes dans les Territoires occupés de Cisjordanie.
Aujourd’hui, sous la pression des agences de notation, la question n’est pas de savoir s’il faut sauver des banques comme Dexia, mais bien d’envisager toutes les mesures pour faire changer les banques qui sont des acteurs majeurs de l’économie.
La situation actuelle nous conforte dans l’idée que La Poste au travers de la Banque Postale puisse participer rapidement à la création d’un pôle financier public.
Pour la CGT, il s’agit au moyen de celui-ci, de procéder à une mise en réseau d’un ensemble d’institutions économiques et financières de statut public et semi-public exerçant des missions d’intérêt général, dans le respect de leurs spécificités et des différents statuts des personnels.
Placé sous un contrôle public et social (responsables des établissements, élus nationaux et locaux, représentants de la société civile et plus particulièrement des organisations syndicales), ce pôle financier public serait entre autres mobilisé pour le soutien et le développement des activités productives, de l’emploi et des services publics dans les territoires.
Pour l’essentiel, ce pôle pourrait être composé avec La Poste, de la Caisse des dépôts et consignations et de ses filiales, de la Banque de France, de la Banque de développement des PME, de l’Agence française de développement et le groupe Caisses d’épargne dans son ensemble incluant le Crédit Foncier.
Cette proposition vise à sortir le secteur financier de l’ornière de la recherche du plus grand taux de profit immédiat pour le mettre dans son ensemble au service du renforcement des services publics, du développement économique, de l’emploi et du développement des territoires.
La solution n’est donc pas comme vous nous le proposez, dans le montage d’un mécano entre La Poste, la CDC et Dexia. Scénario très certainement dicté par le pouvoir politique en place confirmant ainsi le désengagement de l’Etat vis à vis des collectivités territoriales
Enfin et parce que ce n’est pas un détail, il faut revenir sur l’augmentation de salaire de 30% que s’est octroyé Pierre Mariani, PDG de Dexia et proche de Nicolas Sarkozy avec un salaire annuel d’un million d’euros et un bonus fixé à 2,25 millions d’euros.
Cette agitation donne le tournis. D’un coté on valse avec les milliards, de l’autre dans les services, c’est la recherche effrénée de baisse des coûts.
Les postiers n’ont pas des salaires des dirigeants de banques ni des spéculateurs.
Nous ne pensons pas que cette opération renforce l’idée d’appartenance à l’entreprise La Poste. Au contraire le personnel est bien conscient que ce sont les résultats de leur travail qui sont dilapidés dans des opérations aventureuses et couteuses.
Les postiers souffrent au travail, le service public est remis en cause faute de moyens. Mais par fait du Prince, La Poste, bien public, doit réparer les errements et les imprudences de quelques uns.
Ces décideurs ne sont d’ailleurs pas à une contradiction près. Prônant des solutions aujourd’hui inverses à ce qu’ils ont mis en place.
Pour notre part, nous demandons à avoir des précisions sur la stratégie financière et économique :
Que récupère la Banque Postale, quelles activités
Quelle transparence est donnée aux représentants du personnel sur la situation de DEXIA.
Quelles liquidités doit sortir la Banque Postale.
Quelles seront réellement les activités de cette filiale ? Quel est son montage ?
Quelles garanties d’avenir et de protection pour les personnels des différentes entreprises ?
Nous espérons avoir ainsi un certain nombre d’informations, nous serons attentifs à ce que cette opération soit réellement transparente et donc à être informé régulièrement.