mardi 13 juillet 2010
Selon Laurent Vauquiez, secrétaire d’état chargé de l’emploi, devant les plans successifs de fermetures de sites en France dans les centres d’appels ( et notamment le dernier en date à Teleperformance où il est prévu de passer de 22 à 14 sites, alors que cette entreprise annonce un recrutement au Magreb de plusieurs centaines d’emplois), le gouvernement dit « s’interroger » et proposerait quatre scénarios : 1/ Taxer ceux qui utilisent des centres offshores 2 / Favoriser financièrement les entreprises qui n’y recourent pas 3 / Rendre obligatoire un code de bonne conduite pour les entreprises publiques 4 / Dresser la liste des mauvais élèves. Il organiserait une réunion à la rentrée avec les partenaires (il ne dit pas si les organisations syndicales seraient conviées.) Pour la CGT : Il faudrait tout d’abord s’interroger sur qui externalise les d’activités et pourquoi ? C’est en effet les grands groupes (Orange, SFR, Bouygues, EDF, GDF, suivi des banques et assurances, La Poste, La Redoute…) qui sous-traitent pour augmenter leurS marges sans se soucier de la qualité des emplois et du niveau des garanties collectives des agents traitant leurs appels que se soit en France ou à l’étranger. Ces groupes multinationaux, le plus souvent côtés en bourses réalisent d’énormes profits. (L’Etat y étant pour certains actionnaires, avalise leur stratégie.) Ils imposent des conditions de plus en plus dures aux entreprises sous-traitantes sous peine de non reconduction des contrats En conséquence, ces dernières, pour elles-mêmes faire plus de profit, ferment des sites en France, s’implantent à l’étranger (coût du travail jusqu’à 50% moins cher). Au niveau national : Il sert de moyen de pression pour casser les résistances là où les syndicats sont actifs et de chantage pour déréglementer le travail et en réduire le « coût » bas salaires, flexibilité des horaires, vider les statuts … Au niveau des pays qui reçoivent ces activités Cela pose la question des rapports avec ces pays. Plutôt que des liens liés à la recherche du moindre coût, ils devraient être orientés selon nous vers la coopération par des investissements et l’accès aux techniques modernes pour toute la population. Des emplois en Afrique, ou ailleurs, les multinationales pourraient en créer mais pour répondre aux nombreux besoins en Télécommunications de la population locale. Dans tous les cas ce que nous contestons c’est le comportement que l’on peut qualifier de colonialiste consistant à forcer les salariés à l’étranger à adopter des pseudonymes français et un mode de vie calqué sur les rythmes de vie du pays sous-traitant (décalage horaire, connaissance de l’actualité du pays, non respect des jours fériés du pays d’accueil…) Quant aux propositions du gouvernement : Taxer ceux qui utilisent des centres offshores ; cela risque d’être répercuté dans les prix de services revus à la hausse, Favoriser financièrement ceux qui n’y recourent pas ; revient à s’interroger sur qui va financer ? L’impôt ? Au détriment de quoi ? Déjà les allégements de charges et autres exonérations sont nombreuses (aide au foncier, les subventions liées à la formation et à l’embauche de CDI et de CDD d’environ 3500€ par salarié) et n’ont pas résolu le problème. Rendre obligatoire les codes de bonnes conduites ; on a déjà le label social et on voit qu’il n’est en réalité qu’un document de communication d’entreprise décerné « entre amis » et qu’il ne contraint en rien les entreprises à améliorer les conditions de travail.
Pour la CGT, la vrai solution serait d’interdire le dumping social en attribuant à tous les salariés où qu’ils travaillent les mêmes droits et garantis basés sur les plus élevés cela enlèverait d’un coût l’intérêt pour une entreprise à délocaliser. Il faut aussi obtenir un contrôle des subventions qui coûtent à la collectivité et servent à déréglementer le travail.
Montreuil, le 13 juillet 2010