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Avenir de La Poste

jeudi 22 octobre 2009

Petits soldats de la privatisation ? Non. Citoyens professionnellement engagés et socialement responsables !

Lors du précédent changement de statut de La Poste en 1991, qui l’avait vu passer du statut d’administration à celui d’EADP (Etablissement Autonome de Droit Public), les cadres supérieurs avaient été invités à organiser des débats dans toute l’administration (le « fameux » « Débat public ») et à remonter les critiques et propositions du personnel à celui qui avait été désigné pour l’organiser, Hubert Prévôt.

En aucun cas, il ne nous avait alors été demandé de s’engager individuellement pour convaincre nos collaborateurs, les élus politiques et les français du bien fondé de l’évolution du statut de La Poste comme vient de l’exiger le ministre Estrosi à l’égard de l’encadrement de La Poste.

L’évolution du statut d’une entreprise publique est un choix politique, un choix de société. Aujourd’hui le Comité national qui rassemble syndicats, partis politiques et associations, à l’origine de la « votation citoyenne » revendique à l’appui de l’énorme succès de cette initiative (plus de 2,5 millions de participants) l’organisation d’un référendum sur l’évolution du statut de La Poste. Le service public de La Poste appartient à tous les citoyens. Ce sont eux qui l’ont construite, qui l’ont financée par leur consommation. La Poste est bien la propriété collective de la Nation.

QUEL INTERET LES CADRES ET CADRES SUPERIEURS ONT-ILS A ETRE LES VECTEURS D’UN TEL PROJET DE PRIVATISATION ?

D’abord, force est de constater qu’à aucun moment notre avis n’a été recueilli, ni en amont, ni suite à l’annonce que nous avons découverte dans la presse, en juillet 2008. Ce projet n’est pas le nôtre ! Ensuite, un projet de loi n’est pas une loi. Le devoir de neutralité s’impose à chacun, fonctionnaire ou pas, quel que soit son niveau professionnel.

Le droit syndical existe aussi pour les cadres et cadres supérieurs aussi !

La CGT propose Le management alternatif

(cf. : « La charte de l’encadrement ») http://www.ugict.cgt.fr

L’histoire nous enseigne que, quels que soient leurs qualités et leur travail au sein de l’entreprise, à chaque privatisation, les principaux artisans, après avoir fait le « sale boulot » de convaincre leurs collaborateurs, finissent par mordre la poussière, ayant le choix entre la sortie de l’entreprise, plus ou moins sévère, ou le placard jusqu’à la retraite.

Après la privatisation, il n’y aura pas beaucoup de survivants. En effet, les nouveaux venus au capital de La Poste vont vouloir d’autres personnes pour diriger l’entreprise. Plus besoin de champions « organisation et méthodes », de défenseurs des « valeurs du service public » mais plutôt et très vite, de nouveaux cadres formés à la vente et à la finance, à la rentabilité financière 100% et surtout sans état d’âme. Car, il va falloir rentrer du résultat pour rentabiliser l’investissement des nouveaux venus au capital de La Poste.

Regardez ce qui s’est passé chez nos cousins de France Télécom : le corps des ingénieurs (polytechnique/Sup Télécom) ? Au tapis en peu de temps, comme les autres cadres de la maison, après les avoir pressés / stressés au maximum, on les a poussés dehors. Tous les services de La Poste qui ne sont pas assez rentables du point de vue financier seraient amenés à disparaître.

Ce qui remettra rapidement en cause le droit à la communication pour tous (un droit déjà bien ébréché), l’égalité d’accès aux services, la péréquation tarifaire, etc. L’emploi sera encore plus pressuré. Car quand il représente plus de 60% des « charges » annuelles de La Poste (17% à France Télécom aujourd’hui contre 28% en 1997, date de sa privatisation), on voit tout de suite où et comment les nouveaux entrants chercheront à améliorer leurs marges.

Quand les lampions seront éteints, il y a de fortes chances que peu d’entre nous passeront entre les mailles du filet de la « révolution culturelle » qui suivra l’ouverture du capital.

La CGT n’est pas pour le statu quo, d’autres voies sont possibles !

Il est beaucoup plus motivant et valorisant de mettre ses qualités et ses forces au service du développement du service public et de la Nation, plutôt qu’au seul bénéfice de l’actionnaire (quel qu’il soit) ! D’autres choix que la privatisation sont possibles, qui préservent en même temps le service public et l’emploi. Et cela constitue un challenge d’un tout autre niveau !

En protégeant le service public de La Poste face aux attaques essentiellement idéologiques des ultras libéraux, nous participons à la défense du droit à la communication pour tous, à l’emploi d’aujourd’hui et de demain, dans une France que l’on veut républicaine et laïque, libre, fraternelle et solidaire. Et puis, l’histoire de ces vingt dernières années en France, quelque part nous prévient : ne soyons pas dupes !

Le gouvernement et les dirigeants de La Poste ont besoin de l’adhésion des cadres et cadres supérieurs de l’entreprise pour mener à bien leur sombre projet. Car ils sont de plus en plus isolés des postières et des postiers, des élus, des usagers. Ils sentent bien aussi que l’encadrement leur échappe.

Aujourd’hui être un Cadre « professionnellement engagé et socialement responsable » c’est refuser le bradage du Service public postal. En refusant de relayer le message politique, qui n’est pas de notre ressort et ne relève pas de nos attributions nous contribuerons à donner un avenir au Service public postal et à La Poste.

Dans ce cadre, nous pourrons relever les nouveaux défis auxquels nous sommes confrontés, en termes d’aptitude et de développement de nos compétences informelles : l’autonomie, la responsabilité et l’initiative. Nous porterons ainsi, un coup supplémentaire aux volontés autoritaires de nos dirigeants à vouloir nous priver de notre citoyenneté.

* * *

Rejoignez l’appel des cadres (disponible sur I-Poste et le site internet de la CGT- Fapt)

L’appel des cadres stratégiques et de l’encadrement de La Poste émane de cadres Cgt qui refusent ce non sens économique et social que constituerait la transformation du statut de leur entreprise en société anonyme, accompagnée de l’ouverture de son capital. Ils le proposent à leurs homologues dans un double objectif : leur permettre de s’exprimer sur l’avenir de leur entreprise et rendre publique une expression de l’ensemble des cadres de La Poste. Cette initiative s’ajoute à toutes celles qui ont eu lieu pour promouvoir le service public postal, dont la pétition de la CGT Fapt qui a recueilli à ce jour plus de 400 000 signatures et la publication fin 2008 du mémorandum CGT. Après les tristes expériences d’autres entreprises publiques en France ou à l’étranger (le fond de pension vient de se retirer des Postes danoise et suédoise) cette orientation est aux antipodes du spectaculaire retour de l’Etat et de l’intervention de la puissance publique en ce temps de crise. Sans pousser au statut quo, d’autres choix sont possibles. Il s’agit de construire une véritable stratégie de Service public, centrée sur la satisfaction des besoins de tous, particuliers et entreprises pour développer les activités postales. Etre cadre « professionnellement engagé et socialement responsable » suppose de ne pas rester spectateur de cette opération qui hypothèque l’avenir de notre entreprise et du service public. En vous joignant à cet appel vous contribuerez à donner un avenir au service public postal.


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