vendredi 2 avril 2010
A l’attention de Monsieur Christophe BARBIER rédacteur en chef de journal l’Express
Objet : Article « France Télécom : l’ami CGT » page 28 de votre édition du 25/03/2010, signé de Libie COUSTEAU .
Monsieur le rédacteur en chef,
La liberté de la presse est un droit inaliénable. Il n’est pas dans mes intentions dans ce courrier, de vouloir d’une quelconque manière le remettre en cause.
Je me suis longuement interrogée à la lecture de l’article intitulé « France Télécom : l’ami CGT » si celui-ci méritait une réaction de la part de la Fédération CGT des Activités Postales et de Télécommunications, tant il contient des allégations mensongères. Cet article qui ne repose sur aucun fait est irresponsable, il n’honore pas la presse mais fort heureusement ces pratiques restent marginales.
Par respect pour les salariés de France Télécom qui vivent une situation particulièrement dramatique, où des hommes et des femmes mettent fin à leur vie, je me dois de dénoncer de telles pratiques. Laisser supposer qu’un arrangement aurait été passé entre la CGT et la direction de France Télécom sur le dos des salariés qui ont perdu leur vie est profondément inadmissible pour ne pas dire abjecte. Cela relève de la calomnie pure et simple, dont on peut réellement s’interroger sur les objectifs et la finalité.
La ré-humanisation de France Télécom, l’exigence de vivre de son travail et non pas de mourir à cause de son travail, ne peuvent en aucun cas être sacrifié sur l’autel des combines politiciennes et de bas étages que mentionnent cet article.
La signature de 2 accords, par la CGT, ne relève d’aucune pression, entente ou magouille avec la direction, avec Monsieur Richard, ou encore la ministre de l’industrie Madame Lagarde et à plus forte raison avec le Président de La République Monsieur Sarkozy.
1/2 La CGT a signé ces accords d’étape dans les négociations en cours parce que leur contenu marque une inflexion importante pour la vie des salariés. Ces mesures qui reprennent beaucoup les propositions de la CGT et revendications étaient attendues par les personnels. En signant ces 2 accords la CGT a aussi voulu porter l’espoir et faire la démonstration qu’il est possible d’avancer dans la transformation de l’entreprise. Je joints à ce courrier le communiqué publié par la CGT le jour de la signature que nous vous avons transmis mais dont vous avez probablement jugé inutile de publier.
Si la finalité est de vouloir discréditer la CGT dans le mouvement social actuel, on peut considérer que le succès de la journée d’action du 23 mars 2010 et singulièrement à France Télécom (où nous estimons à 30% de grévistes dans le groupe) est la réponse cinglante des salariés à ces tentatives de déstabilisation de la CGT.
Ma fédération n’est guidée que par la volonté de permettre de remettre au centre l’humain dans cette entreprise, de dénoncer la politique d’exclusion de mépris de la direction envers les salariés, de combattre la logique de la recherche maximum du profit maximum pour enrichir encore les actionnaires. C’est bien parce que depuis des années les différents dirigeants de France Télécom ont refusé d’entendre les organisations syndicales que nous connaissons cette situation.
Nous restons disponibles pour participer à une table ronde qui permettrait d’aborder, sur le fond, les questions qui touchent à la place du Travail dans l’entreprise et plus largement dans la société.
Veuillez agréer, Monsieur le rédacteur en chef, mes salutations distinguées.