vendredi 16 avril 2010
Intervention de Bernard DUPIN pour la CGT Fapt
Je voudrais vous dire combien votre attitude est choquante aussi bien sur le fond que sur la forme et les propos que vous tenez sont inadmissibles.
Vous êtes devant le plus large éventail de représentants syndicaux de postiers européens et vous n’avez que mépris, morgue et provocations.
Je pense que nous sommes tous autour de cette table convaincus de la nécessité de construire l’Europe, mais vous avez un problème.
L’Europe que vous proposez ne génère que de la défiance et n’inspire plus aucune confiance.
La raison en est simple : Ceux et celles qui devraient en être la finalité c’est-à-dire les hommes et les femmes de nos différents pays en sont totalement exclus.
Vous construisez l’Europe de la finance et nous vous parlons d’Europe sociale.
Vous restez figés sur des positions purement dogmatiques pour continuer à développer votre idéologie libérale.
La situation du secteur postal en Europe est du reste, une caricature de cette idéologie.
Nous pourrions rester des heures en effet à vous témoigner les uns et les autres des conséquences désastreuses que nous vivons au quotidien aussi bien en France, en Allemagne, en Angleterre, en Hollande, en Roumanie etc.…
Les gâchis et les désastres sociaux qu’entraîne votre politique sont toujours identiques sur les réseaux, les emplois, les salaires, les conditions de travail et à la qualité du service public.
Vous nous demandez de trouver une solution dans le dialogue social, mais je voudrais vous rappeler que la modification du statut de La Poste en France que nous avons combattu pendant plus de 20 mois s’est effectuée contre l’avis des organisations syndicales, contre l’avis très majoritaire de la population et contre l’avis de nombreux élus.
Contrairement à ce que vous dites, les activités postales ne sont pas des marchandises comme les autres. Elles doivent constituer le droit à la communication pour tous qui est un droit fondamental comme le droit à la santé, au logement, aux transports.
La notion de service Public est une notion moderne car elle doit permettre d’apporter des réponses aux besoins des citoyens.
Vos propos sur les soi-disant bienfaits des périodes de chômage pour un individu sont une insulte aux travailleurs.
Nous insistons donc aujourd’hui avec gravité pour vous demander un moratoire sur la libéralisation du secteur postal.
Il est plus que temps de mettre tout sur la table et d’analyser les conséquences de cette libéralisation.
Vous avez le pouvoir d’initiative pour une telle décision, nous vous demandons de l’exercer.
Je sais que les seuls arguments que vous pouvez comprendre passent toujours par le rapport de force. Soyez sûr que nous y travaillons comme ce sera le cas demain 14 avril avec une manifestation européenne à Bruxelles.
Au-delà du responsable politique que vous êtes, je voudrais m’adresser à l’homme pour vous dire que de nombreux postiers et postières sont actuellement en souffrance, voire en très grande souffrance et que nous n’accepterons pas d’être confrontés à une situation identique à celle de France Télécom en France.
Il est temps d’assumer un certain courage politique, de cesser la libéralisation en décidant un moratoire et d’engager un grand débat européen sur l’avenir des services postaux.