Communiqué de la Fédération CGT des salariés des activités
Postales et de télécommunications
Depuis le mardi 22 avril 2009, les salariés du site Téléperformance Le Mans 1 sont en grève. Une semaine de grève largement suivie par les téléconseillers du site, pour exiger quelques centaines d’euros d’un groupe qui affiche un record sur la durée en terme de croissance rentable des titres en Bourse !
Ce site, anciennement Comunicator, vient d’être intégré dans l’UES (Unité économique et sociale) que le leader mondial des centres d’appels vient de mettre en place, avec près d’une trentaine de sites en France.
A Comunicator, le seul « avantage » était le versement d’une prime de participation d’environ 1000 € par an. Alors qu’on a présenté l’intégration dans Téléperformance comme ne pouvant qu’aboutir à des améliorations, les salariés n’ont pas tarder à se rendre compte qu’il n’en était rien ! Le 21 avril, ils apprennent que le montant de cette prime au titre de l’année 2008 sera de … 0€ !! La direction du site prétexte notamment des « évènements exceptionnels » dus entre autres aux opérations liées à la dissolution de Comunicator pour l’intégration dans Téléperformance.
La réaction des salariés a été immédiate : ils se sont mis massivement en grève, pour demander le versement d’une prime de 600 €. Après 4 jours de grève ponctués de barrages filtrants, de manifestations et d’une visite sur un second site Téléperformance au Mans, où une pétition de soutien a été largement signée le directeur du site annonce la venue le lundi 27 avril de Gilles Guérin, Directeur Général de Téléperformance Centre Ouest.
Les négociations ont duré jusqu’à tard dans la soirée d’hier. Il a fallu la présence des salariés jusqu’à une heure du matin, malgré les intimidations de la direction et la menace du recours aux forces de l’ordre, pour faire accepter à la direction de Téléperformance le principe d’une prime, mais des désaccords subsistent sur les modalités de versement. Les salariés, légitimement méfiants à l’égard de tout système variable, exigent une prime fixe, quand la direction souhaite la conditionner à l’atteinte d’objectifs.
La Cgt refuse bien sûr que la satisfaction d’une revendication serve de prétexte à dégrader un peu plus des conditions de travail déjà bien trop pénibles : horaires décalés, journées avec des coupures de 3h, écoutes fréquentes, pressions sur l’atteinte des objectifs, absence d’autonomie et de respect des conseillers…
Ce conflit montre bien en tout cas à quel point la direction de Téléperformance se montre sourde aux revendications. Il a fallu 5 jours de grève rien que pour ouvrir les discussions ! Rien n’étant réglé, les grévistes ont reconduit leur mouvement lors de l’AG de ce matin sur le site. Il ont sollicité l’intervention de la Préfecture qui doit nommer un médiateur..
La CGT le répète, ici où ailleurs, les bénéfices sont d’abord et avant tout le fruit du travail des salariés, ils leur reviennent de droit !!
Téléperformance doit sans attendre ouvrir les négociations salariales 2009, tous les sites en France doivent l’exiger en décidant des formes d’actions les plus adaptées.
La CGT chez Téléperformance, comme dans toutes les entreprises, n’aura de cesse de soutenir les salariés en lutte pour leur dignité. D’autres centres d’appel sont d’ailleurs en lutte, comme à Transcom Raon (88).
Le mépris des salariés, voilà la vraie violence, elle est bien du côté du Patronat et non pas des salariés qui se battent pour leurs revendications.