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3e Conférence Mondiale d’UNI Poste et Logistique

mardi 6 octobre 2009

3e Conférence Mondiale d’UNI Poste et Logistique Mexico Octobre 2009

Intervention de Bernard DUPIN

Cher(e)s camarades,

J’ai été très attentif à la qualité des échanges que nous avons depuis hier.

Je dois vous dire que les interventions des camarades du Mexique, du Chili, de l’Argentine, du Brésil ou du Paraguay et du Honduras sont enrichissantes pour notre activité, mais aussi un stimulant quant on sait les dangers qui peuvent exister parfois dans certains de ces pays sur le seul fait d’être syndicaliste.

Nous partageons l’analyse du camarade chilien quand il rappelle l’antagonisme fondamental qui existe entre le capital et le travail ce qui me fait dire qu’aujourd’hui, la lutte de classe n’a jamais été autant d’actualité.

Pour enfoncer le curseur dans le camp du capital, nous avons encore besoin d’élever tous ensemble le niveau du rapport de force.

Nous sommes très à l’écoute à ce que nous disent les camarades norvégiens sur le rejet de la Directive postale dans leur pays et nous avons notés avec satisfactions les victoires obtenues au Maroc, en Argentine ou Aux Etats Unis

Vous savez, nous avons en France un petit Napoléon qui parcours les états en se présentant comme le grand moralisateur du capitalisme. Quelle farce ! Le capitalisme n’a pas de frontière et le camarade du Mexique le disait très bien en soulignant que nos pays sont différents, les hommes sont différents, mais les stratégies politiques pour libéraliser ou privatiser les Postes sont toujours identiques.

Non, le capitalisme n’a pas de morale, sa seule loi, est celle de faire de l’argent le plus rapidement possible quitte à broyer les hommes.

C’est exactement ce qui se passe en France à France Télécom où nous sommes confrontés à une vague de suicides de salariés qui en oubliant l’action collective, ne trouvent plus que cette malheureuse issue pour faire face aux mobilités forcées, aux restructurations, aux brimades ou aux humiliations.

Pour élever le niveau du rapport de forces, nous avons aussi besoin d’outils et l’UNI peut être un de ces outils en développant un syndicalisme offensif, rassembleur, porteur d’espoir et d’alternatives.

Je dois dire à ce sujet, que nous avons apprécié l’étude d’UNI sur la situation des Postes dans le monde, mais au-delà des informations et des éléments chiffrés, comment peut-on dépasser ce constat et que fait-on ?

Comme l’a dit justement le camarade canadien, un plan stratégique d’UNI sans plan d’actions n’est rien.

Nous avons la chance d’avoir par exemple des échéances d’actions syndicales comme dans quelques jours la journée mondiale du 7 octobre sur le travail décent. J’attends avec impatience l’implication d’UNI dans la réussite de cette journée proposée par la CSI.

Comme vous le savez, en France, l’histoire s’accélère avec la volonté du gouvernement de privatiser La Poste, un des plus grands services publics en Europe.

Depuis de nombreuses années, nos gouvernements ont toujours eu cette volonté de la privatiser, mais ils n’y sont jamais arrivés.

Aujourd’hui, le gouvernement a déclenché une procédure parlementaire d’urgence pour profiter de la transposition de la 3ème directive postale afin de privatiser La Poste à partir du 1er janvier prochain.

Depuis l’annonce de cette nouvelle, les organisations syndicales françaises dans une démarche unitaire ont appelés les postiers à agir au travers de nombreuses journées d’action dont celle massive du 22 septembre dernier.

Nous avons des propositions car nous ne sommes pas pour un statu quo, mais bien pour une appropriation publique des activités postales basée sur la démocratisation, des droits nouveaux, un aménagement équilibré du territoire et un autre financement. Nous voulons aujourd’hui en débattre !

Enfin, un Comité National regroupant les organisations syndicales, des partis politiques et des associations s’est crée pour défendre l’avenir de La Poste, et cette semaine même, une votation citoyenne est organisée pour exiger du Président de la République un référendum.

Des informations que nous avons, il ressort que quelque chose de fort est en train de se passer dans notre pays.

Toutes ces luttes et l’engagement de la population rendent notre gouvernement fébrile et explique notre confiance.

Au travers d’une plus grande implication de l’UNI, nous sommes persuadés que tous ensemble nous pouvons gagner !


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