Flash Cadres N°824

Journalistes réduits au silence

La Ligue des droits de l’Homme a décidé d’engager un recours devant le Conseil d’État à l’encontre du « nouveau schéma du maintien de l’ordre » préparé par Darmanin. Elle considère que ce schéma porte atteinte à la liberté de la presse, d’observation, la liberté individuelle et à la liberté de manifester.

Les entraves, les risques judiciaires, les blessures que supportent les journalistes qui couvrent les manifestations sociales depuis des années sont une atteinte inacceptable à la liberté de la presse, à la démocratie. Si la nouvelle doctrine du maintien de l’ordre portée par Darmanin entre en vigueur, les journalistes ne pourront plus continuer de couvrir les manifestations sans être inquiétés par les forces de l’ordre.

Le film documentaire « Un pays qui se tient sage » sorti le 30 septembre, en est un vibrant témoignage. Devant la protestation de quelque 40 sociétés de journalistes et des syndicats de la profession, le Ministre de l’Intérieur plaide le « malentendu », sans rassurer.

Le secrétaire général de la CGT qui a affirmé : « Il faut que les journalistes puissent faire leur métier […], il y a besoin de témoins neutres, ce sont les journalistes. ».

Darmanin veut exiger des journalistes qu’ils demandent la permission de travailler en s’accréditant. Plus grave, il propose des « exercices conjoints » entre forces de police et journalistes pour que les uns et les autres se comprennent. Le gouvernement veut faire des affaires sans témoins, sans contestation. a France risque de continuer de dégringoler dans le classement international des atteintes aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales.

C’est pourquoi la CGT et le Syndicat national des journalistes CGT (SNJ-CGT) ont, également, déposé un recours en urgence devant le Conseil d’État. L’audience est prévue le 16 octobre 2020.

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