Flash Cadres N°790

Réforme et privatisation cachées

J.P. Delevoye, « haut-commissaire à la réforme des retraites », conscient des risques de mobilisation du projet qu’il porte, masque ses véritables intentions. Il avance la création d’un « système commun à tous » et le maintien à 62 ans de l’« âge minimum » pour faire valoir ses droits à la retraite.

Mais le risque est bien celui d’une baisse des pensions comme l’a démontré une récente initiative de la CGT avec des représentants des syndicats allemands (DGB), suédois (Lo), italiens (Cgil) et belges (Fgtb).

Les réformes à points et à comptes notionnels, c’est un effondrement du taux de remplacement et une remontée de la pauvreté, avec l’abandon des meilleures années pour le privé et de la fin de carrière pour le public.

Pour l’âge de départ, les choses sont claires, il faudra courir toute sa vie et bien au-delà des 62 ans après un nombre de points dont la valeur variable ne sera connue qu’au moment du départ.

Les femmes, pénalisées par le temps partiel imposé et un salaire inférieur à celui des hommes et les cadres qui commencent tard leur carrière et connaissent souvent une fin de carrière chaotique, pourraient bien être les premières victimes de cette casse des retraites.

Les futurs retraités sont, déjà, invités à capitaliser. Les fonds de pension, les assurances privées et le patronat soutiennent une réforme qui sert leurs intérêts. Le journal, les Échos, résonne des analyses du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) : « l’équilibre des régimes ne serait obtenu que grâce à une forte baisse du niveau de vie des retraités ».

Autant de bonnes raisons d’agir pour l’élargissement de l’assiette des cotisations, de réelles mesures contre le chômage et la mise en place d’une véritable Sécurité Sociale Professionnelle pour toutes et tous.

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