Dexia: Urgence d’aller vers un pôle financier public

Comme nombre d’observateurs, nous faisons le lien entre cette précipitation et la conférence que doit tenir à l’Élysée, le Président candidat Sarkozy sur les finances locales.

Alors que toutes les informations paraissent régulièrement dans la presse sur les différents projets de reprise de Dexia et sur les conditions de création de la co-entreprise entre La Banque Postale et la Caisse des Dépôts et Consignation il est pour le moins intolérable de constater que les Administrateurs ou en tout cas ceux élus par les salariés n’ont les éléments d’informations que quelques secondes avant l’ouverture de la séance.
Alors qu’un relevé de conclusion a été paraphé mercredi 8 février par les différentes parties prenantes l’État, La Caisse des Dépôts et Consignations et La Banque Postale ne nous a jamais été communiqué.

Cette volonté de ne pas donner d’informations malgré notre demande du 3 novembre 2011 et la demande commune de l’ensemble des administrateurs salariés du 21 décembre, dénote un véritable dysfonctionnement dans la bonne marche du Conseil d’Administration du Groupe et pointe la responsabilité de son Président.

Le schéma sur lequel vous nous avez fait voter dans l’urgence lors du Conseil d’Administration extraordinaire du 05 octobre est aujourd’hui obsolète

Ce nouveau projet, qui nous est donc présenté ne vise qu’à restaurer la confiance des marchés financiers en faisant payer une partie de la facture des dérives financières aux personnels, aux contribuables et aux collectivités locales.

Par rapport au schéma présenté le 05 octobre dernier, un élément nouveau est la prise de participation de l’État à hauteur de 31,67% du capital du véhicule de refinancement, ce qui représente une nationalisation déguisée des pertes que devra supporter le contribuable.

Sur le plan financier, DEXMA a été valorisé à 380 millions d’euros, par qui ?
Ce montant jugé déjà trop élevé va avoir pour conséquence d’en faire payer le prix cher à l’État et à La Caisse des Dépôts et Consignations, et donc une fois de plus au contribuable.

La participation de 5% de la Banque Postale dans DEXMA avec tous les dangers que représentent les 10 milliards d’encours de prêts toxiques pour l’avenir du Groupe est confirmée.
D’autre part, se pose également la question de la transition des 31.67% de DEXIA Crédit Local vers la Banque Postale au fur et à mesure de l’extinction des prêts de DCL et du développement des prêts de la Banque Postale d’ici 2020.

Notre interrogation du 03 novembre quant à l’avenir du personnel reste entière. L’ensemble des aspects sociaux et en particulier les emplois doivent trouver une issue favorable dans le règlement du dossier. Ils ne sont en effet en rien responsables des dérives du système bancaire. Aucun emploi ne doit être supprimé et aucun salarié ne doit être perdant dans cette affaire.

Même s’il est indéniable que les collectivités locales ont besoin de financement pour leurs investissements, comment leur promettre celui-ci alors que 2 à 3 milliards d’euros seraient disponibles pour un besoin moyen annuel de près de 20 milliards d’euros.
Cela ne peut passer en tous cas par une proposition au travers des fonds d’épargne.

Nous avons si nous le voulons, la chance historique de créer un pôle financier public qui regrouperait l’ensemble des institutions financières ayant de par leur statut une mission d’intérêt général, dans le respect des spécificités de chaque établissement et du statut de leur personnel.

Pour l’essentiel, ce pôle pourrait être composé avec La Poste, de la Caisse des Dépôts et des filiales de la Banque de France, de la Banque de Développement des PME, de l’Agence française de développement et le groupe Caisses d’épargne dans son ensemble incluant le crédit foncier.

Comme nous avons eu l’occasion de le dire, cette proposition viserait à sortir le secteur financier de l’ornière de la recherche du plus grand taux de profit immédiat pour le mettre dans son ensemble au service du renforcement des services publics, du développement économique, de l’emploi et du développement des territoires.

Voilà des propositions concrètes, précises, efficaces et d’actualité mais en totale opposition avec des gesticulations de campagne électorale.

Pour toutes ces raisons, les administrateurs salariés CGT ont voté contre ces propositions.
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