Flash Cadres N°621

EDITO

Retraite solidaire !
Le divorce opinion publique/tandem Gouvernement-Medef se consume. La précipitation à orchestrer la réforme gouvernementale tient à la volonté de donner des gages aux marchés financiers. Il s’agit, avec la crise, d’ouvrir de nouveaux espaces à la financiarisation. La course à l’austérité est la ligne politique du pouvoir en place.
Les propositions développées par la CGT sont, elles, parfaitement claires : retraite solidaire et non teintée de fausse équité, avec possibilité de partir dès soixante ans à taux plein, 6% du PIB pour en assurer le financement. Voilà qui colle aux souhaits des « partants » tout en préservant les générations futures !
Sondages après sondages, la majorité de la population refuse le recul de l’âge d’ouverture du droit à la retraite au-delà de soixante ans. 75% des cadres sont pour la taxation des revenus financiers. C’est important au moment où les tentations populistes et de mise en opposition des salariés entre eux, nourrissent les projets gouvernementaux. Le refus par le monde du travail de payer la note a construit une unité syndicale plus puissante que par le passé. Ce contexte est riche en potentialités.
Au-delà des 500 000 signatures de la période estivale, l’objectif du million de signatures sur la pétition de la Cgt sera aussi un élément important du rapport de forces.
Rien n’est fatal. Après les fortes mobilisations du premier semestre, le gouvernement doit trouver la réponse qui convient, le 7 septembre, par une mobilisation unitaire d’ampleur dans tout le pays. Les appels unitaires se multiplient dans les entreprises.

BRANCHE POSTE

La Cour des Comptes s’y met

En été, la Cour des Comptes rend public son rapport sur La Poste et y préconise de réduire les coûts notamment des fonctions supports, de faire des gains de productivité, d’optimiser l’organisation du réseau, d’ajuster le modèle social. Ce rapport s’inscrit dans une logique ultra libérale, non souhaitée par la population, les élus et les postiers comme exprimé dans les luttes ou la votation citoyenne de fin 2009.
A l’heure du mal vivre dans les services, ce rapport occulte le mauvais climat social, pourtant exprimé publiquement.
Les bénéfices de La Poste ne doivent pas être réservés à une minorité de prédateurs, mais être mis au service de la collectivité.

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Le 8 septembre à Strasbourg

Dans le cadre de la campagne d’UNI Europa Poste & Logistique en faveur d’un moratoire contre l’application de la 3ème Directive postale européenne, un rassemblement sera organisé (à 14 h) par les syndicats européens membres de l’UNI devant le Parlement Européen.
Ce dernier examinera dans le même temps, la demande de moratoire formulée par plusieurs députés et partis politiques européens, soutenue aussi par la majeure partie des syndicats postaux européens.
Avec les autres organisations syndicales, la CGT Fapt sera présente à ce rassemblement pour réclamer l’arrêt de la libéralisation du marché postal qui n’engendre que chômage, atteintes aux conditions de travail et dégradation de la qualité de services rendus.

BRANCHE TELECOMS

Le Très Haut Débit : enjeu d’avenir

Le 4 août, l’ARCEP a précisé ses intentions quant à l’utilisation des 2 milliards d’€ du grand emprunt national annoncé par le gouvernement en février dernier, pour financer l’accès au très haut débit pour 70% des français, d’ici 10 ans. La CGT dénonce ces aides publiques alouées pour palier à l’incurie d’un secteur sous la coupe de la finance. A l’instar de France Télécom qui a annoncé 2 milliards d’€ sur 5 ans pour la fibre, alors que 3,6 milliards d’€ seront distribués aux actionnaires cette année. La CGT dénonce l’absence dans l’emprunt de politique globale en faveur du travail et de l’emploi stable qualifié, officiellement en baisse constante dans la branche des télécoms et chez les équipementiers.
Le Premier ministre lui même reconnaît que par le sous investissement qui a prévalu dans le secteur, la France s’est privée de la création de 300 000 emplois.

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Suppressions d’emplois à Téléperformance

Après le refus unanime des organisations syndicales de signer l’accord de méthode, le Comité Central s’est réuni le 18 août pour une information sur le projet de Plan Social. Comme la CGT s’y attendait, la direction n’est toujours pas en mesure de fournir d’éléments probants justifiant une nouvelle vague de suppressions d’emplois.
Depuis la création de l’Unité Economique Sociale en 2009, l’entreprise utilise tous les moyens pour se débarrasser de sa main d’œuvre. Ainsi, 1 077 licenciements (non économiques) ont été réalisés en 2009 ainsi que 585 suppressions d’emplois liés au 1er plan social mis en œuvre en 2010. Pour justifier une nouvelle vague de 689 suppressions d’emploi, elle annonce une baisse de son chiffre d’affaires liée à une baisse d’activité. Pourtant, le personnel ne ressent nullement cette dernière sur sa charge de travail qui elle ne cesse d’augmenter.

LIBERTES

Face à une dangereuse escalade…

N. Sarkozy attise une nouvelle fois la haine contre les « étrangers » désignés à la vindicte populaire, responsables de l’insécurité. Avec ce discours nauséabond il tente de faire oublier les vrais débats de société, et contourner la montée en puissance du rejet de sa politique : fortes mobilisations contre le projet sur les retraites, mobilisation gagnante des travailleurs sans papiers … Il veut aussi faire oublier Woerth et le scandale Bettencourt, la condamnation pour propos racistes d’Hortefeux La CGT, parce qu’elle est et a été à travers toute son histoire, l’organisation de tous les salariés, français et immigrés, condamne fermement cette vaste opération, gravissime, mais qui ne trompera personne.
Elle appelle les salariés à rejeter ce climat de haine, et à participer massivement aux manifestations et arrêts de travail du 7 et aux manifestations du 4 septembre (voir ci-dessous).

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… un sursaut républicain

Une avalanche d’annonces provocatrices s’est abattue depuis plusieurs jours sur notre pays. Parce que le seuil franchi est inquiétant pour l’avenir de tous, des organisations associatives, syndicales et politiques ayant en commun l’attachement aux principes fondamentaux de la République laïque, démocratique et sociale, rappellent l’article 1er de la Constitution qui « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion », et ne pas le respecter constitue une atteinte à la paix civile.
Elles appellent l’ensemble des citoyens à manifester publiquement leur opposition aux stratégies de stigmatisation. Elles invitent au grand rassemblement citoyen le samedi 4 septembre partout en France et à signer en ligne l’appel citoyen : http://nonalapolitiquedupilori.org/

EMPLOI

Chômage : une génération perdue !

Plus vulnérables que leurs anciens face à la crise, les jeunes risquent de devenir une « génération perdue », s’inquiète le Bureau International du travail (BIT) dans son rapport « Tendances mondiales de l’emploi pour la jeunesse », publié lors du lancement de l’Année internationale de la jeunesse, le 12 août.
En 2009, dans le monde, sur 620 millions de jeunes actifs, de 15 à 24 ans, 81 millions sont sans emploi. Ils sont 7,8 millions de plus qu’en 2007, le BIT s’inquiète du « risque d’une génération perdue », constituée de jeunes gens qui ont perdu tout espoir de pouvoir travailler.
Le BIT note que les jeunes femmes sont les plus vulnérables. En 2009, le taux de chômage des femmes atteint 13,2% contre 12,2% chez les hommes.

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La grande lessive !

L’emploi salarié en France a reculé de 1,5% en 2009, dans quasiment toutes les régions, pour atteindre « un niveau jamais observé depuis l’après guerre », selon les chiffres définitifs publiés récemment par « Pôle emploi ».
256 100 postes de travail ont été perdus en 2009, portant à 16 287 700 le nombre de salariés actifs des secteurs concurrentiels, un niveau proche de 1992, date de la précédente période de récession économique en France.
Le secteur industriel, avec 19% des salariés français, a perdu 5,2%, soit 168.200 postes, suivi par le secteur de la construction, 9,1% de la population active, qui a perdu 2,9% d’emplois, soit 43 800 emplois, après onze années de hausse consécutive. Le secteur tertiaire, avec 71,9% de la population salariée, a enregistré une baisse de 0,4% (- 44 200 postes).

ECHOS

Tu fais quoi dimanche ?

La loi Mallié (extension du travail dominical) n’a eu pour objet que de répondre aux grandes enseignes, instituant une nouvelle dérèglementation du travail. Pire, elle donne raison aux anciens hors-la-loi qui tentent d’obtenir encore plus de possibilités d’extensions avec des garanties non respectées.
Le volontariat est bafoué, avec le chantage à l’embauche où le non-licenciement notamment vis-à-vis des jeunes.
Les salariés n’ont pas les mêmes droits alors qu’ils dépendent souvent d’un même groupe, d’une même branche, d’une même localité. Les femmes et les précaires sont les premières victimes.
Sauf dans les cas où cela est extrêmement nécessaire, la Cgt pense que le repos dominical est un socle pour conserver des repères sociaux collectifs et vivre décemment en société.
Et nous, si on allait pas « acheter » ?

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Portage encadré

La CGT a signé l’accord concernant le portage salarial, car, bien qu’opposée à cette conception, les règles obtenues prennent en compte les revendications : tout travailleur porté bénéficie d’un contrat de travail salarié sous la forme d’un CDD ou un CDI de droit commun, le portage salarial est limité aux cadres avec un plancher de rémunération mensuelle à 2 900 € , le travail à domicile en est exclu, les entreprises de portage salarial sont obligatoirement des sociétés dédiées et l’accord rend illégal les sociétés maquillant du travail indépendant en travail salarié.
Cet accord permet de circonscrire le portage et de sécuriser les salariés portés dans leur emploi. La CGT veillera à ce que les parlementaires mesurent les effets de cet accord et des garanties qu’il met en place, lors de sa transcription dans la loi.

INTERNATIONAL

Une taxe sur les transactions financières
La Confédération Syndicale Internationale appelle les gouvernements à s’engager à mettre en place une taxe sur les transactions financières, à l’occasion du sommet des Nations Unies sur le développement, qui se tiendra au mois de septembre. La crise économique mondiale continue de frapper fort : 200 millions de personnes supplémentaires se sont retrouvées en situation de pauvreté absolue depuis 2008.
Si la récession est terminée pour les banques et la finance (soit-disant !), les perspectives pour l’emploi et les services publics sont peu réjouissantes, car les gouvernements réduisent les dépenses afin de donner satisfaction aux marchés financiers.
Pour la CSI, « Une taxe sur les transactions financières est non seulement judicieuse sur le plan économique, mais c’est aussi une question de justice et d’équité ».
 

EGALITE

Moins payées !!!

Qu’elles aient ou pas interrompu leur activité professionnelle pour s’occuper de leurs enfants, les femmes gagnent en moyenne 17% de moins que les hommes. Un écart d’autant plus injuste que dans la tranche d’âges 39-49 ans objet d’une étude de l’INSEE, les femmes sont en moyenne plus diplômées que les hommes. « Avoir ou ne pas avoir d’enfants ne paraît pas influencer significativement le salaire horaire », souligne l’étude.
«Tout se passe comme si les femmes qui n’ont jamais eu l’intention d’interrompre leur carrière n’ont pas pu envoyer un signal crédible aux employeurs sur leur engagement à long terme », indique l’étude. Une fois embauchées, les femmes sans enfants restent ainsi l’objet d’une « suspicion d’un moindre attachement à leur poste » de la part de leurs employeurs, c’est une discrimination pure dénonce l’économiste Rachel Silvera.

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