Dossier spécial retraites 2010

La CGT s’inscrit en totale opposition avec le catastrophisme des commentaires qui accompagnent la publication du rapport du Conseil d’orientation des retraites.
_ A entendre les « spécialistes » qui dissertent à  longueur de journée dans les médias, il n’y aurait pas la possibilité de financer les retraites dans les années à  venir.
Ces mêmes personnes ne trouvent pourtant rien à redire quand par exemple les sociétés non financières distribuent 83 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires en 2008 (soit 8 milliards de plus en un an).

C’est bien la démonstration que le financement des retraites est un choix de société : investir dans la solidarité pour le plus grand nombre ou dilapider les ressources au profit de quelques uns.

Ramené à ces montants de dividendes, les 6 milliards en 2008, et les 8 milliards en 2009 de déficit structurel du régime général sont finalement peu de choses.
_ Le patronat, le gouvernement, les financiers ne veulent pas mettre plus d’argent dans le régime de retraite solidaire, car la retraite par répartition leur échappe.

Au contraire, ils lorgnent sur les 200 milliards d’euros que représentent par an les retraites. La problématique est donc moins comment on va financer les retraites, que comment on va faire pour que nos revendications rassemblent le maximum de salariés et que celles-ci soient le centre du débat.

Ce sont les mêmes arguments financiers qui prévalent dans la constitution d’épargnes individuelles ou d’entreprises : enlever des ressources de financement au régime par répartition solidaire.
_ Il n’y a donc rien de surprenant à voir les entreprises refuser l’augmentation de cotisations sociales et dans le même temps abonder des PERCO ou autre PEE.

En effet, cet argent va d’abord dans les caisses de l’entreprise avant d’aller au financement des retraites.

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Le Site CGT Spécial Retraites

Retrouvez l’actualité du débat sur la réforme des retraites : « Idées fausses et vrais enjeux »

Quelques jalons dans l’histoire des retraites : « De la charité à la Solidarité », une brochure toujours d’actualité.

Un mensonge et quatre omissions !
_ Propagande du gouvernement

Reports de la date du 13 juillet 2010 pour les mères de trois
enfants

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La CGT fait des propositions

Le calendrier est maintenant connu. Suite à la présentation des propositions du Conseil d’Orientation des Retraites en avril, le gouvernement ouvrira des négociations qui devraient se traduire par un projet de loi présenté au parlement en septembre.
_ Tout en dénonçant ce calendrier, trop court, la CGT a décidé d’engager l’ensemble de ses forces, lors du 49ème congrès, pour gagner sur ses revendications, une amélioration du système de retraite solidaire.
_ Le 23 mars était une première étape importante.

Ce qui doit nous importer, dès à présent, c’est d’avoir pour but de s’approprier le plus collectivement les propositions revendicatives de la CGT sur les retraites.
_ Cette question est primordiale car dans la bataille que nous avons à mener dans les jours et mois à venir, c’est la mobilisation des personnels que nous serons en capacité de créer qui sera l’élément numéro un du rapport de force, pour gagner sur nos revendications.
_ Ça l’est sur toutes les questions revendicatives, ça l’est d’autant plus sur les retraites, que le temps du débat est court, que l’enjeu est important.

Mieux, la question des retraites relève avant tout d’un choix politique, d’un choix de société.

Depuis la création de la sécurité sociale en 1945, les organisations patronales et leurs relais institutionnels et politiques se sont élevés contre le handicap que constituent à leurs yeux, la protection sociale dans l’économie.
_ Les relais politico-médiatiques appellent de toute leur voix à la casse, sous le vocable réforme, de la sécurité sociale et particulièrement de la retraite par répartition solidaire.
_ C’est pour cela que les salariés ne doivent compter que sur leurs forces, leur rassemblement pour gagner le maintien du système de retraite par répartition et l’amélioration des garanties.
_ Il y a donc nécessité à ce que les militants et syndiqués de la CGT s’approprient nos propositions revendicatives, se déploient dans les services, les entreprises pour une diffusion la plus large des idées et du matériel de la CGT, là où nous sommes organisés et là où nous ne le sommes pas.

Les prises de paroles dans les médias, d’experts, de politiques montrent clairement les objectifs que voudraient imposer gouvernement et patronat sous prétexte d’amélioration de l’espérance de vie et de déséquilibre démographique :
– il faudrait allonger sans cesse la durée de cotisation, reculer l’âge de la retraite, bref travailler plus longtemps.

Le Et cela parfois sans regarder l’absurdité de leurs affirmations. Ainsi si l’âge de départ en retraite est 60 ans règlementairement, les salariés sont de plus en plus nombreux dans les faits, à cesser le travail avant, en raison du chômage, d’invalidité, de maladie.

Quant à l’espérance de vie, il a peu à parier que celle-ci diminuerait vite fait si l’on doit travailler bien au delà de soixante ans, surtout si l’emploi occupé est un emploi « senior » sous payé, comme ça se développe à présent.

Pour ce qui est des projections qu’à l’échange de 2050, il n’y aurait plus que 1,2 salarié pour 1 retraité, ceux qui diffusent de telles affirmations devraient réfléchir à l’énormité que ça représente en conception de la société. Ce débat sur les retraites est bien un débat de société.
C’est pourquoi la CGT refuse la vision purement comptable.

système de retraite par répartition solidaire repose sur les revenus du travail. La question des retraites est celle de l’emploi et des salaires et donc à leur place dans la répartition de la richesse créée.
_ Car aujourd’hui, le manque de financement des retraites est d’abord lié à l’importance du chômage et du sous emploi, et à la stabilité, voir la baisse des salaires.
_ Ces questions qui conditionnent l’avenir de tous les citoyens et citoyennes de notre pays sont donc volontairement écartées au détriment des aspects comptables.

Les mêmes qui préconisent l’allongement de la durée du travail, au delà de 60 ans passent totalement sous silence le chômage massif des jeunes et la responsabilité des entreprises dans ce fait, celles-ci voulant un salariat déjà formé et sous payé.

Nous devons être attentifs aux jeunes salariés car le système par répartition repose sur la confiance des salariés.
_ La remise en cause du système, les doutes affirmés par certains sur sa pérennité, n’ont pour but que de développer la capitalisation des plus jeunes salariés, du moins pour ce qui le peuvent.

A la CGT, nous ne sommes pas des magiciens. Les droits et garanties de haut niveau que nous revendiquons appellent des mesures précises pour les financer.
_ Nous évaluons à environ 6 points du PIB le niveau de ressources supplémentaires nécessaires. Celles-ci s’élevant aujourd’hui à 12 %, elles seraient portées progressivement à 18 % par une augmentation plus grande des recettes (voir nos propositions).

Rien n’est simple, mais rien n’est impossible ! Rappelons-nous que la part des salaires (dont les cotisations sociales) dans la valeur ajoutée des entreprises a baissé de 10 % depuis 1984.

Les lois de 1993 (régime général), 2003 (régime général et fonctionnaires), 2007 (régimes spéciaux) ont démontré toute leur nocivité mais aussi leur incapacité à garantir la pérennité du régime de retraite par répartition solidaire.
_ Le rendez-vous de 2010 a la particularité que pour la première fois tous les régimes pourraient être attaqués en même temps.

C’est un élément que nous devons retourner en notre avantage, par un rassemblement large de tous les salariés : public, privés, actifs, privés d’emploi, retraités.

En effet, on peut remarquer que le gouvernement et le patronat tentent de briser l’unité des salariés en les opposant. Ainsi vient dans le débat le calcul de la retraite, certains affirmant que le calcul pour les fonctionnaires, sur les 6 derniers mois serait plus favorable que pour le régime général, sur les 25 meilleures années.
_ La différence de calcul de la retraite entre public et privé est liée au fait que l’évolution de carrière pour les fonctionnaires se fait de manière régulière avec l’évolution constante du point d’indice.

Le dernier salaire est forcément le meilleur, contrairement au privé où la carrière est moins régulière.
_ C’est pourquoi nous revendiquons pour le régime général, un retour aux 10 meilleures années et le calcul sur les 6 derniers mois pour les fonctionnaires.

N’oublions pas non plus que le calcul ne se fait pas sur les mêmes bases de revenus.
_ Pour le régime général, le calcul se fait sur tous les éléments de rémunération (primes et heures supplémentaires incluses), pour les fonctionnaires le calcul ne se fait que sur le traitement indiciaire (hors prime et heures supplémentaires).
_ L’allongement préconisé par certains se heurte à l’inégalité devant la nature du travail et l’espérance de vie.
Les bonnes âmes préconisent que la pénibilité soit donc intégrée dans les débats sur la loi. Oubliant par là que ça l’était déjà en 2003.
_ Dans notre fédération, les luttes ont été nombreuses pour faire reconnaître la pénibilité, avec l’instauration du service actif.

Les évolutions des grades, des statuts nécessitent de regagner véritablement ces droits par l’instauration de règles permettant à tous ceux exerçant un travail pénible d’en bénéficier et de partir avec un retraite à taux plein.
_ Dès aujourd’hui mobilisons-nous, rassemblons-nous !

*P.I.B : produit intérieur brut

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7 vidéos pour tout savoir sur les retraites

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2 retraite et emploi

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