Le message combatif des demoiselles du téléphone.


Un livre d’histoire d’actualité; « Des demoiselles du téléphone aux opérateurs des centres d’appels« , de Colette Schwartz, Yveline Jacquet, Pierre Lhomme aux Éditions le Temps des cerises.

Cet ouvrage trouve son origine dans un colloque national tenu à Marseille, à l’initiative du dynamique Institut d’histoire sociale de la Fédération CGT des activités postales et de télécommunications Fapt.

Il repose sur les témoignages de téléphonistes retraité(e)s et de salarié(e)s en activité sur les plates-formes d’appels. Plates-formes présentes maintenant dans d’autres secteurs.

C’est une enquête d’une grande richesse portant sur près d’un demi-siècle. Á l’heure où les suicides au travail polarisent l’attention sur la grave dégradation des conditions de travail.

Ce livre présente l’intérêt de montrer le long, difficile mais exemplaire combat mené par les demoiselles du téléphone contre des conditions de travail révoltantes, telles qu’on a même du mal à les imaginer, avec utilisation par les employeurs des mutations technologiques pour renforcer l’exploitation en les combinant à une organisation du travail mutilante, en opposition avec l’utilité sociale attendue d’un service public.

Le passage à l’automatisation du téléphone en est un exemple concret.
_ Étaient embauchées dans cette activité des femmes, souvent des jeunes filles d’origine rurale, contraintes de trouver un emploi en ville.
_ Elles étaient soumises à la surexploitation par une organisation du travail autoritaire qui emprunte ses méthodes à la discipline militaire, au harcèlement, au flicage, aux pressions psychologiques multiples qui se cumulent avec les discriminations appliquées à la main-d’œuvre féminine, souvent statutairement des « auxiliaires » subissant de multiples répercussions hors travail.

Il s’agit là d’un extraordinaire témoignage, sur une longue période, montrant les résistances et les combats contre une exploitation cruelle, abusive, mais aussi la solidarité, l’amitié, la combativité de ces collectifs chaleureux, vivier de syndicalistes combatifs, inventifs, construisant des sections syndicales et imposant bien des reculs à une administration dont les pratiques n’ont rien à envier au pire patronat.

Le livre s’adresse aux acteurs, qui s’y reconnaîtront, à ceux qui sont aujourd’hui confrontés à l’avilissement du travail. Les salariées du téléphone délivrent un message de combativité et d’espérance, fortes de l’idée, également qu’il faut non seulement s’attaquer aux mauvaises conditions de travail et à leurs effets, mais également à leurs causes.

Jean Magniadas, syndicaliste et économiste.

Le livre peut être commandé à l’IHS/CGT PTT, Case 545, 263, rue de Paris, 93519 Montreuil. 20 euros