Lettre au Président de la République

Lettre ouverte au Président de la République à  la suite de son annonce de transformation de La Poste en SA.Monsieur le Président de la République,

Vous nous aviez convié à une entrevue ce jour, pour aborder le dossier de l’avenir de la Poste.

La CGT comptait bien à cette occasion réaffirmer sa totale opposition à toute transformation du statut de l’entreprise et à toute forme d’ouverture de son capital.

L’ouverture du capital à des investisseurs publics, c’est à court terme l’ouverture à des capitaux privés. C’est donc bien la privatisation et le démantèlement du service public postal.

La CGT aurait également souhaité pouvoir vous remettre son mémorandum, dans lequel elle formule bon nombre de propositions novatrices pour la modernisation et la rénovation du service public postal. C’est d’ailleurs ce qu’elle n’a eu de cesse de développer, en particulier lorsqu’elle était encore membre de la Commission Ailleret.

La CGT aurait pu enfin vous formuler sa volonté de concrétisation d’un vaste débat public national nécessaire pour l’avenir de la Poste.

Monsieur le Président de la République, la CGT aurait assumé son rôle d’organisation syndicale en toute indépendance en participant à cette réunion.
Vous en avez décidé autrement par votre déclaration ce 18 décembre, bafouant ainsi toute forme de dialogue, plus grave en résumant le syndicalisme à un faire-valoir de votre politique. Il n’existait pas de consensus sur les conclusions du rapport qu’a remis Monsieur Ailleret au Premier Ministre. Il en existe encore moins avec votre intervention.

La CGT ne se résoudra pas au bradage du patrimoine national sur l’autel du marché.

La CGT entend bien créer les conditions pour que la mobilisation des postiers, des usagers et des élus prenne encore plus d’ampleur, dans le rassemblement le plus large.

C’est ce qu’elle souhaite concrétiser d’ores et déjà le 29 janvier 2009, par une forte grève unitaire des postières et postiers, rejoignant ainsi l’ensemble des salariés du pays sur leurs revendications et en convergences sur l’enjeu des services publics, dont celui de la Poste.

Vous pouvez encore renoncer à la privatisation de la Poste.

Veuillez croire Monsieur le Président de la République, en l’assurance de notre parfaite considération.

Colette DUYNSLAEGER
Secrétaire Générale

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